Cinq choses à savoir sur les libellules, ces étonnants insectes programmés pour la chasse
La libellule affiche, comme le papillon, une mine élégante de fleur volante. Mais ne nous fions pas à sa grâce poétique. Si le vulcain sirote du nectar, l’anax empereur broie du gibier. De son enfance sous l’eau à sa vie d’imago sous l’azur, il dégomme du têtard, du moustique... et de la libellule. Voici cinq choses à savoir sur ces étonnants insectes.
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L’ordre des odonates se divise en deux sous-ordres : les zygoptères et les anisoptères. Quatre familles de zygoptères sont connues sous le nom de demoiselles : caloptéryx, agrions, lestes, platycnémis. Leurs yeux sont séparés et leurs ailes jointes quand elles se perchent. Leur vol est nerveux et lent.
Les anisoptères regroupent les plus grandes libellules en six familles : aeschnes, gomphes, cordulies, cordulégastres, orthétrums, sympétrums. Leur corps est trapu et la tête toute en yeux qui se touchent et des mandibules. Leurs ailes sont étalées quand elles sont posées.
Ce nom anglais se traduit par dragon volant. Disons-le tout net, les libellules sont de purs carnassiers. Ces spadassins-là sont suréquipés pour la traque et la mise à mort. Des yeux immenses offrant une vision sans angle mort, et des mandibules de pitbull. Leur technologie de vol est si sophistiquée qu’elle autorise des prouesses à faire pâlir de jalousie un hélicoptère de guerre.
La libellule mène un début de vie subaquatique en eau douce. Les naïades (juvéniles des anisoptères) respirent par leurs branchies. Elles pompent l’eau avec les muscles de l’abdomen pour en extraire l’oxygène. La bête possédant des pattes mais ni nageoire, ni palme, utilise ce système de captage et de circulation d’eau. Il lui sert aussi de propulseur pour fuir à la volée ou bourlinguer.
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Côté armement, la larve vaut bien l’adulte. Elle chasse embusquée, avec au menton une pince articulée à détente dotée de crochets qu’elle projette comme un harpon sur ses proies, larves aquatiques, têtards, petites grenouilles, escargots... qui ne voient rien venir. La naïade peut même chasser un imago en train de pondre à la surface de l’onde ! Selon les espèces, le milieu et le climat, les sous-marins se métamorphosent au bout de 8 mois à 5 ans, après 8 à 18 mues.
Le système de vol de la libellule est unique et d’une prodigieuse complexité. Elle possède des sacs aériens qu’elle chauffe au soleil pour s’alléger comme une montgolfière. Chacune de ses quatre ailes est indépendante, animée par une musculature de docker et des capacités de torsion que le génie humain ne sait pas reproduire.
Les antérieures peuvent battre vers l’avant tandis que les postérieures battent vers l’arrière. Elle peut tout : vol stationnaire, marche arrière, accélération fulgurante, créneau en double salto carpé... En vitesse de pointe, les plus grandes peuvent dépasser 50 km/h.
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