En visite à Mayotte, Sébastien Lecornu face au sujet brûlant de l’immigration irrégulière sur l’archipel
Ce 26 et 27 août, le Premier ministre français se rend dans l’archipel de Mayotte, situé au cœur de l’océan Indien. Il doit aborder « l’avenir » du 101e département français, frappé par le cyclone Chido en 2024. Au cœur de sa visite également, le sujet brûlant de l’immigration.
Sébastien Lecornu arrive à Mayotte mercredi pour tenter d'accélérer la reconstruction de l'archipel, qui tarde à se concrétiser un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido, et où le Rassemblement national progresse. Le Premier ministre, qui sera sur place avec plusieurs ministres de mercredi midi à jeudi soir, reconnaît des « difficultés persistantes » dans de nombreux domaines, comme l'accès à l'eau et aux soins.
Le Premier ministre doit aussi évoquer des décisions à venir dans la lutte contre l'immigration clandestine, sujet brûlant à Mayotte sur lequel le chef de gouvernement est attendu.
Car l’immigration illégale dans l’archipel est devenue un sujet incontournable pour les politiques qui se rendent à Mayotte . En visite le week-end dernier, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe a qualifié cette immigration « d'appel d'air ». Le candidat centriste entend ainsi « fermer les vannes ». À gauche, Jean-Luc Mélenchon a réagi en jugeant les propos d'Édouard Philippe « aberrants ». Ces discours centrés sur l’ immigration ont pris encore plus de places après le passage du cyclone Chido . En décembre 2024, il a frappé Mayotte, faisant 40 morts et endommageant 59% des habitations, dont un grand nombre sont des bidonvilles.
En 2019, parmi les 256 000 habitants (ils étaient 323 153 au 1er janvier 2026), une personne sur deux était étrangère , selon les chiffres de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Situé au cœur de l’océan Indien, au nord de Madagascar et à quelque 70 kilomètres des Comores, Mayotte attire des milliers d’émigrants.
Même si la réalité de l’immigration est difficilement quantifiable, le durcissement des lois rend la régularisation des étrangers de plus en plus compliquée. « Il y a des gens qui ont vécu pendant des années avec un titre de séjour en règle à Mayotte et qui aujourd’hui, parce que les lois ont évolué, ne sont plus en capacité de renouveler ce titre », regrette Vittoria Logrippo, déléguée nationale en région Océan indien à la Cimade, une association de soutien aux migrants. Selon elle, avec le durcissement de la législation, l’administration crée des situations irrégulières.
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Dernière mesure en date : la loi immigration de 2024. Par un système dérogatoire, elle rend plus difficile l’obtention de la nationalité française par la naissance. Ainsi, le droit du sol a été restreint. Autre système dérogatoire que fustige Vittoria Loggrippo, celui des titres de séjour : « Ils ne sont pas valables dans un autre département ». Selon elle, cela crée « une situation explosive où on a l’impression artificiellement que la situation migratoire est intenable sur le territoire », puisque les personnes y vivant doivent y rester et sont privées de toute mobilité en France.
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