Quelle est cette marque de sport méconnue en Europe, qui se place au 3e rang mondial derrière Nike et Adidas ?
Le logo minimaliste d’Anta n’est pas encore le plus connu en France. S’il peut rappeler le célèbre « swoosh » de Nike, il ne faut pas se fier aux apparences : la griffe chinoise est plus qu’une pâle imitation du géant américain. En une quinzaine d’années, elle a connu une croissance éclair. Au point de grimper sur le podium mondial des fabricants de sportwear , derrière Nike et Adidas, avec une valorisation de plus de 23 milliards d’euros .
Dernière gourmandise en date, le rachat, confirmé cet été , pour 1,51 milliard d’euros, des parts de Puma détenues jusqu’ici par le groupe Kering, de la famille Pinault. Un mouvement qui lui permet de devenir l’actionnaire principal de référence, avec 29 % du capital, mais qui ne semble pas avoir rassasié Ding Shizhong, le fondateur d’Anta, qui contrôle déjà en partie des marques comme Fila, Salomon, Wilson et Arc’teryx. « M. Ding veut faire d’Anta le plus grand conglomérat de vêtements de sport au monde. Depuis dix ans, il avance pas à pas dans cette direction » , observe Ivan Su, analyste interrogé par Fashion Network .
S’il faut remonter aux années 1960 pour Nike et aux années 1920 pour Adidas, les prémices d’Anta sont, elles, bien plus récentes. En 1986, Ding Shizhong, originaire de la province du Fujian, dans le sud est du pays, n’est pas encore majeur. Il n’a pas la fibre pour les études, mais semble avoir les affaires dans le sang. « Il emprunte 10 000 yuans (1 280 €) à son père pour acheter 600 paires de chaussures à l’usine d’un membre de sa famille. Après les avoir rapidement vendues à Pékin, il rentre chez lui et réinvestit les bénéfices dans un petit atelier », retrace le média spécialisé dans la mode. Au sein du pôle industriel de Jinjiang, connu notamment pour la production de baskets, la jeune société fabrique les produits de celles qui deviendront plus tard ses concurrentes.
Anta, qui pourrait être traduit par « avancer sereinement », naît véritablement en 1991, lorsque son patron de 21 ans constate que ses marges seraient plus importantes s’il commercialisait lui-même ses produits. L’objectif est d’abord de s’implanter sur le marché domestique. À partir des années 2000, la concurrence est néanmoins féroce. Il faut croiser le fer avec le rival Li-Ning, entré en Bourse dès 2004, mais aussi avec les marques occidentales qui louchent sur ce potentiel énorme, avant les Jeux olympiques de 2008.
Anta noue quelques partenariats intéressants, comme celui avec le comité olympique chinois, mais elle a un coup de retard. Une décision change la donne en 2009. L’entreprise achète le droit de commercialiser, dans une partie de l’Asie, la marque italienne Fila, dont elle repositionne les collections dans le haut de gamme. « En dix ans, Fila s’établit en Chine comme une marque chic : elle y devient plus rentable que la marque Anta elle-même et permet de financer d’autres acquisitions d’entreprises » , constate Le Monde .
Suivent alors d’autres rachats ciblés, toujours à des montants raisonnables : Sprandi, Amer Sports (Arc’teryx, Salomon et Wilson), la marque coréenne Kolon, ou encore le spécialiste des vêtements pour enfants Kingkow.
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