Dette, réformes, méthode : l'heure de vérité, par Manuel Valls
Après un été marqué par les effets du réchauffement climatique , notre pays s'avance vers l'échéance de 2027 dans un état de fragilité sans équivalent depuis longtemps.
L'extrême droite aussi proche de conquérir le pouvoir par les urnes ; nos finances publiques menaçant autant notre souveraineté ; un scrutin français engageant à ce point le destin de l'Europe.
Dans ce contexte, la flambée des prix de l’énergie, provoquée par les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, pèse sur le pouvoir d’achat des Français et accentue leur colère.
Pourtant, la campagne qui s'esquisse ressemble à une fuite : profusion de candidats, pénurie de projets qui entraînent.
L’espace central, de la gauche réformiste à la droite républicaine, porte à ce stade une responsabilité majeure.
Il est un archipel de rivalités entre fausse et vraie primaires.
Les protagonistes cherchent à blesser le mieux placé ou le plus proche au lieu de mesurer le danger.
Ils ne donnent pas le sentiment d'avoir une stratégie de redressement et une volonté de mobiliser la nation.
Cette irresponsabilité collective fait le lit des extrêmes, forts de leurs leaderships respectifs, qui prospèrent sur le vide ainsi créé, pendant que la dette continue de grandir.
Le risque d'une crise financière La France emprunte à dix ans à 4,5 %, au-dessus de la Grèce et de l'Italie, loin des 3,6 % allemands.
Avec une dette dépassant 3 500 milliards d'euros (117,5 % du PIB), alimentée par un déficit structurel – qui continue de déraper – de 5 à 6 %, la charge des intérêts franchira les 100 milliards annuels avant la fin de la décennie, pesant sur les prochaines générations.
Près de 60 % de cette dette est aux mains d'investisseurs étrangers, dont des fonds spéculatifs qui parient déjà sur notre décrochage.
Une crise financière peut s’inviter à tout moment, en particulier en cas de rejet du projet de loi de finances 2027.
Ou bien la France reprend le contrôle de ses comptes, ou bien d'autres – le Fonds monétaire international, la Commission européenne, la Banque centrale européenne – le feront pour elle.
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