De Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, l'illusion de la gratuité
Il y a quelques jours, un étudiant, inscrit dans une école d’ingénieur française, me faisait remarquer que cette année, la cantine de son campus était prise d’assaut.
Il faut apparemment sortir avant la fin du cours pour avoir une chance d’obtenir une place.
A l'inverse, les élèves qui font preuve d'une consciencieuse assiduité doivent prendre leur mal en patience pour accéder au restaurant de l’école.
La plupart d’entre eux cheminent donc vers un fast-food de la zone commerciale la plus proche où ils dépensent entre 6 et 10 euros pour un déjeuner parfaitement déséquilibré.
Bienvenue dans le monde du repas à 1 euro, désormais accessible à tous ! Cette idée "géniale", qui passe outre cinq siècles d’analyse économique, nous vient du groupe socialiste à l’Assemblée nationale qui, lors des débats budgétaires de l’année dernière, a réussi à la faire inscrire dans la loi.
Depuis le mois de mai, le repas complet est facturé 1 euro à tous les étudiants dans les restaurants des Crous, boursiers ou non, contre 3,30 euros auparavant pour les non-boursiers, hors situation de précarité.
Son coût réel avoisine pourtant les 8 euros.
Un choix, deux mauvaises options L'instauration d’un prix nettement inférieur au prix du marché n’entraîne pas une hausse du bien-être des personnes concernées mais des files d’attente, aux multiples effets néfastes.
On pensait naïvement que ce mécanisme basique était à peu près acquis pour les uns et les autres.
A l'évidence, il n'en est rien.
Les étudiants doivent désormais choisir entre deux mauvaises options : quitter précipitamment leur prof ou sortir plus d’argent qu’avant l’instauration de cette mesure, pour une pitance qui n’est, dans bien des cas, pas vraiment favorable à leur équilibre nutritionnel.
La fixation des prix doit être, de mémoire, au programme du deuxième ou troisième cours de microéconomie en première année de fac .
Evidemment, on ne s’étonnera pas que les insoumis, dont l’illettrisme en la matière est patent, aient mis le contrôle des prix au cœur de leur programme, Jean-Luc Mélenchon ayant même annoncé l’instauration d’un "état d’urgence économique et social" pour faire passer cette lubie sans que personne ne puisse y redire.
Blocage des prix de l’alimentation, de l’énergie et des loyers, blocage des marges, échelle mobile des salaires : le catalogue des bêtises est roboratif.
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