De 10 véhicules à 2 000 : Uber et Pony.ai changent d'échelle en Europe
Uber et Pony.ai promettent plus de 2 000 robotaxis à l'Europe, quatre nouvelles villes à la clé. Aucune n'est encore nommée, mais une chose semble acquise : le lecteur français, lui, continuera de héler son taxi à l'ancienne.
Il y a moins de cinq mois, Zagreb devenait la vitrine européenne du robotaxi. Uber et le chinois Pony.ai y lançaient, avec la société croate Verne, un service commercial présenté comme le premier du genre dans l'Union. Les deux partenaires annoncent cette semaine un changement d'échelle : plus de 2 000 véhicules autonomes à déployer dans quatre nouvelles villes européennes, avec une extension prévue au Moyen-Orient. Aucun nom de ville, aucun calendrier, et c'est précisément ce silence qui pique côté français.
L'alliance ne date pas d'hier : l'accord entre Uber et Pony.ai remonte à mai 2025, et Zagreb a ouvert au printemps le premier service commercial de robotaxi de l'Union européenne . Le communiqué publié cette semaine transforme l'expérimentation croate en tête de pont, sans s'embarrasser de détails : les quatre villes restent à nommer, le calendrier aussi. Le mouvement prolonge en tout cas la feuille de route européenne détaillée par Uber en février, qui visait Londres, Madrid et Munich .
Uber Une interface sobre et intuitive pour simplifier la réservation d'une course Un paiement sécurisé et pensé pour faciliter les démarches Un service de transport privé combiné au service de restauration Uber Eats 9 / 10 Télécharger La répartition des rôles, elle, ne bouge pas d'un iota : Pony.ai fournit sa conduite autonome de niveau 4 (celle qui se passe de conducteur sur un périmètre défini, pour ceux qui auraient manqué les épisodes précédents), Uber apporte sa plateforme de réservation et son vivier de passagers. À Zagreb, n'importe qui peut déjà commander l'un de ces véhicules depuis l'application de Verne, l'arrivée sur celle d'Uber étant annoncée pour bientôt. L'opérateur croate développe par ailleurs un robotaxi deux places conçu sans volant ni pédales. Pour le groupe chinois, coté au Nasdaq et à Hong Kong, chaque ville gagnée sur le Vieux Continent sert d'argument commercial. L'Europe est devenue en quelques mois le terrain d'expansion privilégié des spécialistes chinois de la conduite autonome.
Le paysage européen se remplit à vue d'œil, et presque toujours avec les mêmes accents. Uber a déjà promis ses robotaxis WeRide à Madrid avant fin 2026, aux portes de la France , pendant que Momenta prépare Munich. Londres, de son côté, cumule les essais de Waymo, de Wayve et de Baidu, dont les véhicules ne prendront de passagers qu'à partir de 2027 . Sur la petite vingtaine de partenariats de conduite autonome noués par Uber, une majorité implique des entreprises chinoises, un détail qui commence à faire tousser côté souveraineté.
La France, elle, observe depuis le bord de la route, et pas uniquement par manque d'appétit des opérateurs. Le pays autorise la conduite déléguée de niveau 3 depuis septembre 2022, et des navettes autonomes circulent déjà sur des lignes fixes (le Robobus de la Drôme, par exemple, depuis mars 2025).
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