Pourquoi la France demande à lever les sanctions européennes contre un oligarque russe
C'est une position qui a surpris dans les cercles feutrés de la diplomatie.
La France s'est opposée, lundi 14 septembre, à la poursuite des sanctions qui visent Alicher Ousmanov, 73 ans, oligarque russe proche de Vladimir Poutine.
L'objectif serait d'obtenir, en échange, la libération de prisonniers français détenus en Azerbaïdjan.
Suivi par la Slovaquie, le veto de la diplomatie française laisse une semaine de marge aux Vingt-Sept pour négocier, selon le Financial Times .
Il bloque toutefois provisoirement la prolongation, pour un an, de l'ensemble des sanctions européennes visant 2 600 personnes physiques ou morales liées à la Russie, en réponse à la guerre en Ukraine.
En guise d'explication, un diplomate français a expliqué au journal britannique que la France, par cette position, "souhaitait répondre favorablement à ses partenaires internationaux qui l'ont contactée au sujet de Monsieur Ousmanov".
Un choix "étonnant", selon un autre diplomate au fait du dossier.
Ces méthodes ne sont pas sans rappeler celles de Viktor Orban , l'ancien Premier ministre de Hongrie.
Plus proche dirigeant européen allié de la Russie, il avait coutume de poser son veto pour toute décision qu'il estimait trop défavorable au Kremlin, même quand une écrasante majorité y était favorable.
Septième fortune de Russie Peu connu du grand public, Alicher Ousmanov a notamment été, de 2007 à 2018, le deuxième plus important investisseur du club de football londonien Arsenal, comme l'a relevé Bloomberg .
Il est président de la Fédération internationale d'escrime depuis 2008, avec plusieurs interruptions à cause de la guerre en Ukraine, où il a dû se mettre en retrait.
À la fin des années 80, il a bâti sa fortune dans la métallurgie .
Aujourd'hui encore, il contrôle Metalloinvest, premier producteur de minerai de fer en Russie.
Il détient aussi des parts chez MegaFon, une société de télécommunications, et son patrimoine net de 16,6 milliards de dollars, toujours selon Bloomberg, en fait la septième fortune nationale.
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