Sandro, Maje… qui sont ces deux sœurs parties de rien et aujourd’hui 220e fortune de France ?
En plus des marques de mode iconiques Maje et Sandro, les Milgrom et Chetrite comptent aussi un très rentable distributeur de produits et vêtements personnalisables pour les entreprises.
Le succès de la famille Moyal est d’abord une histoire de femmes . Celle de ces deux sœurs qui ont grandi sous le soleil de Rabat, au Maroc, avant de fonder chacune leur marque de mode à succès une fois arrivée en France. La première, l’aînée, Evelyne, abandonne rapidement ses études de droit et crée Sandro avec son mari Didier Chetrite dans le Sentier, en 1984. Elle est imitée par sa cadette Judith et leur frère Alain, qui lancent leur première boutique Maje, rue du Four, à Paris, à la fin des années 1990.
Chacune développe ensuite sa propre griffe en misant sur leur positionnement de « luxe accessible », leur style parisien décontracté et intemporel et le renouvellement très régulier de leurs collections en boutique. En 2008, c’est au tout du fils d’Évelyne Chetrite, Ilan, de rejoindre l’aventure familiale, en créant la ligne Sandro Homme. Les deux sœurs font finalement l’acquisition de la marque Claudie Pierlot, en 2009, avant de réunir les trois marques au sein du groupe SMCP (Sandro Maje Claudie Pierlot).
Les recettes de cette véritable success-story familiale attisent alors l’appétit des investisseurs. En 2010, les deux sœurs cèdent 51 % du capital de SMCP à L Capital, le fonds d’investissement soutenu par LVMH (propriétaire de Challenges ), et au fonds Florac de la famille Louis-Dreyfus. Le groupe réalise alors 180 millions d’euros de chiffre d’affaires. Puis, en 2013, elles réduisent à nouveau leur participation au capital, lors du rachat de SMCP (CA : 390 millions) par le fonds KKR, pour une valorisation estimée à 650 millions d’euros.
SMCP se lance alors à l’international : aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, puis en Chine, et dépasse le millier de boutiques dans le monde, avant d’être nouvelle fois repris par le géant chinois Shandong Ruyi , en 2016, pour une valeur de 1,3 milliard. Sur sa lancée, SMCP entre en Bourse, l’année suivante. Et en 2019, le groupe de prêt-à-porter complète sa collection avec l’acquisition de la maison pour hommes De Fursac, qui compte alors une cinquantaine de boutiques en France et en Suisse.
Mais le bond de ces deux familles dans notre classement des plus grandes fortunes de France (passé de 140 millions d’euros de fortune professionnelle en 2017 à 675 millions en 2026) s’explique, cette année, par la vente par Alain Milgrom – le mari de Judith – du distributeur parisien de produits et vêtements personnalisables pour les entreprises, Solo group, qu’il avait créé de son côté, en 1991. Moins connu que les griffes de modes des femmes de la famille, Solo group affiche pourtant un chiffre d’affaires de 470 millions d’euros pour un Ebitda de 105 millions, en 2024 ! Une rentabilité qui permet à son fondateur de céder l’entreprise au fonds américain Platinum Equity pour un montant compris entre 850 et 900 millions d’euros.
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