« Faire remarcher ma famille » : l’histoire poignante derrière Wandercraft, la pépite française qui fait remarcher les paralysés
Cofondateur de Wandercraft, Nicolas Simon s’est lancé dans la robotique en espérant aider ses proches, atteints d’une maladie génétique, à remarcher. Un objectif en passe d’être atteint, alors que sa start-up étend ses ambitions à la robotique humanoïde.
« Je voulais faire quelque chose pour aider ma famille. » Derrière l’histoire du spécialiste de la robotique Wandercraft se cache celle de Nicolas Simon : atteints d’une maladie génétique rare, plusieurs des membres de sa famille se retrouvent progressivement tétraplégiques. Devenu ingénieur, celui-ci rejoint le club robotique de l’école Polytechnique avant de créer sa start-up , inspirée par les démonstrations « impressionnantes » des robots quadrupèdes de Boston Dynamics. « L’objectif était de s’inspirer de leur technologie pour faire remarcher les gens , résume Simon. La technologie du fauteuil roulant n’avait pas évolué depuis 150 ans ! »
A l’époque, le pari de Wandercraft, lancé avec Alexandre Boulanger et rapidement rejoint par Matthieu Masselin, son PDG actuel, et Jean-Louis Constanza, « notre mentor » , est d’autant plus complexe que les composants nécessaires sont chers. Mais l’équipe persiste et réalise de premières levées en 2015 (4 millions d’euros), 2017 (15 millions) et 2022 (45 millions). De quoi développer son premier robot, l’exosquelette d’aide à la marche Atalante, aujourd’hui utilisé dans les centres de rééducation… Et par Thibault Simon, le frère paralysé de Nicolas, lors du relais de la flamme olympique en 2024.
Une première étape pour Wandercraft, en passe d’atteindre son objectif initial : Eve, son exosquelette personnel destiné à la marche au quotidien, vient d’obtenir son autorisation de la FDA (Food and Drug Administration) aux Etats-Unis pour être commercialisé. Sans équivalent concurrent, l’appareil, qui devrait coûter 100 000 dollars et être remboursable par Medicare , pourrait permettre à l’entreprise d’y toucher 2 millions de personnes handicapées. Le marquage CE, permettant la commercialisation en Europe, devrait suivre en septembre.
« C’est un vrai soulagement, tant j’ai pu y mettre d’énergie et d’efforts : l’autorisation de la FDA garantit que la technologie existe sur le marché et sera répandue, quel que soit le futur de Wandercraft » , se réjouit Nicolas Simon, dont le frère et l’oncle, « dans les starting-blocks » pour disposer des premiers modèles, ont servi de bêtatesteurs. « Récemment, j’ai pu marcher avec mon frère pendant une heure sur les quais de Seine » , sourit l’entrepreneur de 38 ans.
Pour passer à l’échelle industrielle, la société avait réuni 75 millions d’euros de financements en juin 2025 et devrait à nouveau lever une somme considérable dans les prochains mois. Elle vient par ailleurs de déménager dans de nouveaux locaux de 4 300 m² dans le 13e arrondissement de Paris, qui comprendront une ligne de production capable de fabriquer un millier de robots par an.
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