Crue au Népal : plus de 600 morts et 3 000 disparus, la reconstruction pourrait coûter des « milliards de dollars »
Trois jours, après la terrible crue qui a fait plus de 600 morts et laissé un paysage de dévastation, les secouristes redoublent d’efforts, ce samedi 29 août pour localiser quelque 3 000 disparus et évacuer les rescapés bloqués à la frontière entre le Népal et la Chine. « Toutes les habitations près de la rivière ont été emportées. Il ne reste plus rien », a résumé pour l’Agence-France Presse (AFP) Buddhi Ram Dangol, un Népalais de la vallée ensevelie.
Selon des bilans officiels encore très provisoires, un total de 633 corps - 626 côté népalais, sept sur le territoire chinois du Tibet - ont été exhumés depuis mercredi de l’épaisse couche de boue et des décombres des nombreux bâtiments, routes, ponts et chantiers balayés par la vague.
Sept corps retrouvés à des dizaines de kilomètres en aval, dans le nord de l’Inde, en cours d’identification, pourraient rejoindre la liste des victimes de la catastrophe.
Experts et scientifiques l’attribuent à l’effondrement d’un énorme glacier, initialement répertorié par erreur comme un séisme d’une magnitude de 5,2, qui a transformé en un instant une paisible rivière en un fleuve en furie.
Dans les régions sinistrées, les autorités peinent à retrouver la trace de quelque 3 000 personnes - 2 426 au Népal et 556 côté chinois - dont elles sont sans nouvelles depuis mercredi.
Parmi elles figurent des centaines de touristes, de pèlerins et d’ouvriers étrangers, employés sur des chantiers des barrages en construction dans la région, ainsi qu’un nombre toujours croissant d’habitants des villages dévastés. Selon une liste publiée jeudi par le ministère du Tourisme népalais, quatre Français figurent sur la liste des personnes toujours portées disparues.
Les proches des disparus ont continué à affluer samedi au quartier général de campagne des secours népalais, installé dans une caserne de la localité de Bidur. « Je suis venu pour avoir des nouvelles de mon fils », a confié à l’AFP Kalka Sharda en égrenant la liste des personnes secourues affichées devant le cantonnement. « Il travaillait dans une centrale hydroélectrique mais je ne retrouve pas son nom », a-t-il ajouté, « les autorités ne disent rien ».
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En Chine, des milliers de sauveteurs continuent à batailler pour se frayer un chemin difficile vers le cœur de la zone dévastée, le poste-frontière de Gyirong à 1 830 m d’altitude. Selon l’agence Chine nouvelle, un peu plus de 500 secouristes y sont désormais à pied d’œuvre.
La télévision publique CCTV a diffusé des images de pompiers casqués traversant un torrent à l’aide de bateaux pneumatiques ou hélitreuillés à l’aide d’un puissant drone. « La plus grande difficulté, c’est d’assurer la sécurité de nos militaires », a déclaré un officier, Jiang Wanqiang.
Des deux côtés de la frontière, les secours travaillent sous la menace d’une rupture soudaine du lac formé mercredi par l’effondrement du glacier dans la rivière. Vendredi, leurs opérations de secours ont été perturbées par des alertes liées à de possibles coulées, levées par la suite.
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