Les stars s’affichent de plus en plus minces, et tout le monde en subit les conséquences
Depuis quelques mois, les conversations sur les corps des célébrités qui s’affichent de plus en plus minces à Hollywood sont inévitables. Alors que le « body positive » est en déclin et que la popularité de l’Ozempic s’accompagne de silhouettes qui rétrécissent ostensiblement, difficile de ne pas s’inquiéter devant des tapis rouges où le chic semble tenir à des clavicules saillantes.
Mais ce malaise ne va jamais seul. Les apparitions de Demi Moore, Ariana Grande ou Jenna Ortega – pour ne citer qu’elles – ont beau soulever des peurs légitimes quant au modèle de maigreur promu par les stars, les discours et commentaires sur leur maigreur participent aussi à une mécanique patriarcale qui critique, humilie et, in fine , contrôle le corps des femmes.
Comment comprendre ce phénomène, qui n’est pas sans rappeler l’esthétique « héroïne chic », qui montrait des mannequins émaciées sur les podiums des années 90 ? Et surtout, comment parler de ses conséquences sans stigmatiser encore une fois les femmes ? Le HuffPost a posé ces questions à la psychologue spécialiste des troubles alimentaires Karen Demange.
Le HuffPost : Que vous évoque cette minceur extrême qu’on constate actuellement sur les tapis rouges et dans la pop culture ?
Karen Demange. Les standards corporels sont cycliques, tous les cinq ou dix ans, ils changent. Il y a quelques années, il fallait avoir des formes à la Kim Kardashian, ensuite, il a fallu avoir un physique plus sportif. Mais le sport, ça donne des cuisses, donc ensuite, il a fallu « sécher ». Désormais, il y a Ozempic qui change encore la donne.
L’arrivée de ce médicament n’a pas créé l’idéal de maigreur aux États-Unis. Il a fait irruption dans une culture qui valorisait déjà la minceur, mais il a changé la perception de ce qui est atteignable : chez des gens plutôt minces, la prise d’Ozempic crée la maigreur – on a dépassé le stade de la minceur, ou de la minceur extrême – qu’on observe en ce moment. Ce médicament a facilité une perte de poids rapide, qui provoque aussi une certaine fonte musculaire, donc l’impact visuel est important.
Mais parler de ça, est-ce que c’est la même chose que de faire du body-shaming ?
Même si les fluctuations corporelles peuvent nous interroger, voir quelqu’un qui a perdu du poids et dire « regarde comme elle a maigri » , c’est du body shaming, tout comme commenter ces changements physiques. La vraie question, c’est : est-ce que cette personne est en souffrance ? On ne sait pas ce que traversent les gens. S’ils ont des troubles alimentaires ou des problèmes de santé, s’ils prennent de l’Ozempic pour des raisons esthétiques ou s’ils traversent une mauvaise passe et ont perdu l’appétit. C’est ce dont parlait Lena Situations il y a peu .
Surtout, la minceur, la maigreur, ce qui nous semble « sain » ou non, c’est subjectif et varie en fonction de la personne qu’on regarde et de la personne qui regarde : sur chaque corps, il peut y avoir 40 avis différents, qui n’ont rien à voir avec l’état de santé.
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