Fâché avec le Canada, Donald Trump envisage de faire affaire avec la Biélorussie
C'est ce qui s'appelle ne pas être trop regardant sur l'origine de la marchandise.
Donald Trump a déclaré, lundi 21 septembre, que Washington travaillait à un accord "massif" pour acheter de la potasse à la Biélorussie .
"Le prix serait nettement inférieur à ce que nous payons actuellement au Canada ; c'est une très bonne nouvelle pour nos agriculteurs et nos éleveurs", s'est félicité le locataire de la Maison-Blanche sur Truth Social .
Ce minérai est essentiel à l'agriculture : utilisé comme engrais, il contribue notamment à renforcer la résistance des plantes aux maladies, à améliorer la qualité des cultures et à accroître les rendements.
L'annonce de Donald Trump intervient sur fond de guerre commerciale avec le Canada , et illustre la volonté du président américain de s'appuyer sur des fournisseurs alternatifs pour faire pression sur son voisin.
Ce dernier, premier producteur mondial, procure l'essentiel de la potasse importée par les États-Unis.
Selon The Hill , 80 % de la potasse utilisée dans les exploitations agricoles américaines provient ainsi du Canada.
D'après Ressources naturelles Canada, cité par le média La Presse , les États-Unis ont importé pour 4,2 milliards de dollars de potasse canadienne en 2025.
"De la potasse 'de sang'" Les déclarations de Donald Trump ont suscité la colère de Scott Moe, Premier ministre de la Saskatchewan, région où se situent les dix mines de potasse en exploitation du Canada.
"Quelqu'un croit-il vraiment que la potasse biélorusse, transitant par la Russie, sera plus abordable, plus durable ou plus éthique que la potasse expédiée depuis la Saskatchewan, ici même en Amérique du Nord ?", a-t-il fait mine de s'interroger.
Et de fustiger le choix de se tourner vers Minsk : "Acheter de la potasse 'de sang' en Biélorussie revient à soutenir l'agression russe en Ukraine .
C'est une erreur et cela n'a aucun sens." Svetlana Tsikhanovskaïa, cheffe de l’opposition biélorusse en exil, a également mis en garde Washington contre tout accord commercial avec Minsk : "Tous les revenus tirés de la potasse servent à la répression, à soutenir la machine de guerre russe, à construire des infrastructures militaires, à faire chanter nos partenaires de l'alliance occidentale", a-t-elle fait remarquer auprès de l'AFP.
La Lituanie , pays voisin de la Biélorussie et frontalier de la Russie , n'a pas tardé à réagir elle aussi.
Alors que la potasse biélorusse figure toujours parmi les secteurs visés par les sanctions de l'Union européenne , le ministre lituanien des Affaires étrangères a martelé lundi que Bruxelles n'avait "aucune raison d'assouplir les sanctions contre la Biélorussie".
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