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La Panaméricaine, la principale route du Pérou, bloquée par des coulées de boue

Ouest-France ·
La Panaméricaine, la principale route du Pérou, bloquée par des coulées de boue

« On a marché pendant quatre heures dans la boue pour se sortir de là et pouvoir trouver de quoi manger et boire. » Épuisée, Ludmila Ricapa, une cinquantaine d’années, décrit à la télé Latina Noticias le cauchemar qu’elle vient de vivre.

Dimanche 16 août, alors qu’elle reliait Lima, la capitale péruvienne, à Tacna, une ville à la frontière avec le Chili, cette Péruvienne s’est retrouvée prise au piège dans sa voiture après des glissements de terrain qui ont coupé la Panaméricaine, principal axe routier du Pérou . Comme elle, plusieurs centaines de voyageurs se sont retrouvés bloqués pendant près d’une semaine. Des voitures ont même été complètement ensevelies sous les gravats. Une femme a perdu la vie en glissant dans le ravin.

Les pluies diluviennes à l’origine de ces dégâts, pourtant rares sur la côte péruvienne désertique, ont été provoquées par la tempête Anibal qui a frappé le Pérou et le Nord du Chili le week-end dernier. Selon les climatologues péruviens, son intensité a été amplifiée par le phénomène climatique El Niño , dont les conséquences sont déjà visibles dans le pays andin.

Lire aussi : « Une vague de boue a déferlé » : au Pérou, la capitale débordée par les pluies inhabituelles d’El Niño

À certains endroits, l’asphalte s’est délité, emporté par la puissance des coulées de boue, coupant d’un trou béant la Panaméricaine, un axe stratégique : cette route, qui longe la côte ouest de l’Amérique latine, est la seule autoroute à relier le sud du Pérou. Les dommages empêchent depuis une semaine le ravitaillement d ’Arequipa .

Les trente camions-citernes qui approvisionnent chaque semaine la deuxième ville du pays ont eux aussi été coincés dans les intempéries, provoquant des pénuries et une flambée des prix. Des cargaisons entières d’animaux et de fruits et légumes ont aussi été perdues.

Selon Carlos Fernandez, le président de la chambre de commerce d’Arequipa, interrogé par la chaîne de télévision Canal N , « les pertes cumulées s’élèvent déjà à plus de 1 000 millions de soles », soit plus de 250 millions d’euros.

Près de cinq jours après les glissements de terrain, le gouvernement péruvien a fini par mettre en place un pont aérien, bientôt doublé d’un pont naval pour évacuer les passagers bloqués et ravitailler ceux qui doivent rester sur place. Les travaux ont aussi commencé pour nettoyer et remettre en état la route.

Mais le temps de réaction des autorités est largement critiqué, alors que des épisodes comme celui-ci pourraient se multiplier et s’intensifier dans les mois à venir avec le phénomène El Niño, laissant entrevoir des pertes encore plus importantes.

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