La Fondation de l'Islam de France, créé dans le sillage des attentats de 2015, perd son statut d'utilité publique faute de financements
La Fondation de l'Islam de France , organisme à vocation culturelle, s'est vue retirer son statut d'utilité publique par le ministère de l'Intérieur , selon un décret publié ce jeudi 13 août au Journal officiel.
"La raréfaction et puis l'extinction de [ses] financements ont eu raison de sa destinée", a réagi auprès de l'AFP Ghaleb Bencheikh, président de cette instance laïque créée dans le sillage des attentats de 2015 pour permettre au grand public de mieux connaître l'islam. Dès février 2024, le théologien réformateur et physicien franco-algérien avait alerté sur le risque de la voir disparaître par manque de financement.
Faute de dons, la Fondation qui a pour objectif de lever des financements pour des projets en matière profane (cultures islamiques, éducation, recherche, formation civique…), ne disposait alors plus que de 40.000 euros en caisse, l'équivalent d'un mois de fonctionnement.
"Nous avons fait appel [...] à la générosité publique pour finir quelques projets et ça n'a pas été suffisant", indique Ghaleb Bencheikh, qui s'attendait, "à moins d'un miracle", au retrait du statut d'utilité publique, qui lui conférait "une dotation minimale d'1,5 million d'euros […] et la présence de l'État au sein de son conseil d'administration".
Le retrait de ce statut peut être prononcé pour différents motifs, dont une cessation des activités d'intérêt général de l'association ou son incapacité à atteindre son but initial.
Ghaleb Bencheikh entend poursuivre le travail de la Fondation, soit sous sa forme actuelle, soit, en cas de dissolution, en fondant une nouvelle association "sur d'autres critères".
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