L’IA : un outil pour la vérité, une chance pour la démocratie
Je me suis amusé à questionner un bon programme d’IA, selon ses modalités les plus exigeantes, sur la validité objective de deux thèses économico-politiques en vue.
La première est celle de Matthieu Pigasse , selon qui on a tort de s’affoler au vu des 115 % de PIB que représente la dette française parce que cela revient à comparer bêtement un stock à un flux alors qu’il faudrait rapporter ce passif à l’actif, et donc à l’ensemble du patrimoine national, soit 3 500 milliards à 20 000, ce qui ramènerait le problème à 17,5 %.
La seconde est celle de Jean-Luc Mélenchon , qui préconise de "foutre au feu", sans problème, les titres correspondant aux 600 milliards de cette même dette détenus par la Banque de France.
Résultat : tout ça s’effondre au terme d’un raisonnement serré.
Pigasse, en gros, parce qu’il introduit un biais bien plus énorme que celui qu’il dénonce : la dette est celle de l’État alors que le "patrimoine" dont il parle est celui de la Nation ; Mélenchon, parce que son "truc" en est bien un, essentiellement comptable, qui ne ferait disparaître aucun passif monétaire réel ni ne recréerait la moindre marge d’action.
Faute de place, je vous prive de 27 pages de détails passionnants.
L’important là-dedans n’est pas que ces messieurs racontent des carabistouilles mais, plus fondamentalement, que nous avons désormais les meilleurs moyens de nous en rendre compte.
Le numérique nous effraie par sa redoutable aptitude à fabriquer du faux, mais nous devrions aussi nous émerveiller devant sa capacité à restituer du vrai.
Le fait est – quelques précautions prises – que l’IA nous donne un outil prodigieux pour devenir moins crédules, moins manipulables et, pour tout dire, moins bêtes.
Résistons à l’envie de penser qu’elle ferait un gouvernant, un parlementaire voire un électeur bien plus rationnel et efficient que ses demi-frères humains...
Mais observons qu’elle nous rend mieux aptes à forger notre libre arbitre, à éclairer notre jugement, à éprouver notre esprit critique, y compris sur ses travers à elle, et notamment les partis pris de ses concepteurs, son conditionnement "éthique", voire politique.
Mieux : acceptons de voir en elle la matrice d’une nouvelle responsabilité pour chacun.
La question du siècle Dans le fond, si nous nous laissons avoir par des discours fumeux, quels qu’en soient l’objet ou l’origine, c’est parce que nous le voulons bien.
Si nous ne savons pas résister à l’endoctrinement, à la tyrannie du mensonge, des opérations de com et des faux problèmes, c’est que nous ne faisons rien contre alors que nous le pourrions.
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