Mario Monti, ex-Premier ministre italien : "Les Français ne sont pas assez conscients de la menace financière"
L’Italie revient de loin.
Comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, le pays a été confronté à l'accès de défiance des marchés financiers et à la violence des mesures d’austérité prises dans l’urgence.
Quinze ans plus tard, la roue a tourné .
Le déficit public italien devrait passer sous les 3 % en 2026 et - le symbole est fort – la dette souveraine se négocie à un taux plus faible que celui de la France.
Mario Monti a vécu la crise de près.
Economiste, cet ancien commissaire européen avait été nommé Premier ministre en novembre 2011.
Fort de l'expérience de cette période sous haute tension, il s’inquiète auprès de L'Express de voir que Paris ne prend pas la mesure de la situation.
L'Express : Remontons quinze ans en arrière, quand l’Italie a dû faire face à une envolée des taux d’intérêt.
Comment la situation a-t-elle dérapé ? Mario Monti : Début juillet 2011, je participais aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.
Ce jour-là, le spread italien, c’est-à-dire l’écart entre le taux d'intérêt de l’Italie et celui de l'Allemagne, était de plus ou moins 100 points de base, c'est-à-dire 1 %.
Il s’est creusé rapidement, tout au long de l’été, jusqu’à atteindre 574 points de base le 9 novembre 2011.
J'étais alors un économiste, un citoyen sans responsabilité publique, mais c'est ce jour-là que Silvio Berlusconi, alors Premier ministre, a mesuré toute la difficulté de faire face aux attentes de plus en plus négatives des marchés.
D'autant plus qu’il avait pris des engagements auprès de l'Union européenne, notamment une réforme rapide des retraites.
Or, au moment de passer de la discussion à l'action, son gouvernement s'était divisé.
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