"La Pologne ne répétera pas les erreurs des autres Etats européens" : comment le chaos français résonne avec le débat migratoire en Europe
Après les émeutes du 17 octobre en France, toute l'internationale populiste s'est exprimée à l'unisson : les violences seraient, évidemment, causées principalement par les immigrés.
De Donald Trump à Nigel Farage, en passant par l'AfD allemande et le Kremlin, pas une voix n'a manqué à l'appel pour récupérer politiquement l'actualité tragique à Paris, Lyon ou Limoges.
Si Alice Weidel, la cheffe de l'extrême droite allemande, a ainsi perçu dans le chaos français "une attaque de la civilisation occidentale par des foules de migrants et des agitateurs d'extrême gauche", d'autres leaders politiques bien plus modérés en Europe font aussi le lien entre ces événements et l'immigration.
L'attaque la plus surprenante vient sans doute du Premier ministre polonais, Donald Tusk, qui s'est toujours affiché proche d'Emmanuel Macron et a récemment signé, à Nancy, un traité de coopération renforcée avec Paris sur les plans militaires et énergétiques.
Si Tusk ne cite pas explicitement la France dans son message du 18 octobre, le contexte rend sa critique évidente.
"La Pologne ne répétera pas les erreurs des autres Etats européens et ne paiera pas pour celles-ci", dit ainsi le leader polonais de centre-droit, annonçant par la même occasion une politique "impitoyable" contre l'immigration illégale.
Un peu plus à l'Est, un autre chef de gouvernement modéré, le Hongrois Péter Magyar, vise lui explicitement la politique migratoire française.
"Nous ne relâcherons, sous aucune pression, la protection de nos frontières extérieures", promet le successeur de Viktor Orban, établissant un lien direct entre les débordements en France et les immigrés.
Le Premier ministre hongrois a par ailleurs affirmé que sa ligne dure sur l'immigration était dorénavant partagée par une majorité des pays européens, rendant publique la fracture continentale qui s'est dessinée en coulisses lors du dernier Conseil européen, la veille des émeutes en France.
Un débat "horrible" au Conseil européen L'immigration s'est imposée comme le sujet central de la réunion des vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement, le 16 octobre, à Bruxelles.
Mis au menu par la Danoise Mette Frederiksen et l'Italienne Giorgia Meloni, l'objectif était d'attaquer l'Espagne de Pedro Sanchez, coupable à leurs yeux d'avoir régularisé plus d'un million d'immigrants illégaux cette année et d'avoir créé "un appel d'air" entraînant la crise de Ceuta fin juillet.
Autour de la table, la passe d'armes a été "horrible", selon un diplomate interrogé par Politico.
Le président du Conseil, Antonio Costa, aurait même dû intervenir et hausser le ton pour calmer les débats.
D'un côté de la table, une grosse dizaine de pays poussaient pour que le Conseil emploie un langage très explicite sur la lutte contre l'immigration.
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