"Notre modèle social ne sera plus financé par le travail": Bruno Le Maire veut "alléger massivement les charges qui pèsent sur les salaires" pour réduire l'écart entre le brut et le net
L'ancien ministre de l'Économie pendant sept ans a publié mardi un manifeste dans lequel il soutien la désindexation des minima sociaux, des pensions de retraite et du barème de l'impôt sur le revenu, mais aussi une hausse de la fiscalité sur la consommation, les importations ou encore les Gafam. Il est régulièrement associé aux 1.000 milliards d'euros de dettes que la France a accumulés lorsqu'il était à la tête de Bercy. L'ancien ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, revient aujourd'hui sur la scène politique avec la publication, mardi 25 août, de son Manifeste pour une autre France , dans lequel il dessine sa vision pour "freiner" la trajectoire des finances publiques.
Alors que l'État accumule désormais 3.500 milliards d'euros de dettes, et que l'objectif de réduction du déficit public en 2026 à 5,0% du PIB risque de ne pas être tenu, l'ancien locataire de Bercy assure vouloir amorcer un virage.
L'homme politique est régulièrement attaqué sur sa posture. Il a occupé le poste de ministre de l'Économie pendant sept ans jusqu'en septembre 2024. Au sujet de son départ du ministère, il évoque le principe du "sacrifice réconciliateur". Autrement dit, il aurait servi de fusible, "sans changement de politique" dans les deux années qui ont suivi. Face "au risque" d'une mise sous tutelle du pays, il assure prendre aujourd'hui "toute sa liberté" pour dire "qu’un catalogue de propositions ne suffira pas".
“Je suis engagé dans le débat politique, mais je place le pays, la France, avant ma personne. Je ne suis pas candidat, ce n’est pas du tout mon calendrier. (...) Nous n’avons aucune chance de desserrer l’étau entre le RN et LFI si nos propositions restent empêtrées dans un combat de coqs (au centre et à droite, ndlr)”.
L'ancien ministre, "pas candidat" donc, veut actionner "le frein d'urgence". Il propose une série de mesures, y compris sur des maintiens ou des hausses d'impôts : maintenir la surtaxe de l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises et la contribution sur les hauts revenus. Augmenter de 2 à 3 points la TVA sociale, mais aussi la taxe sur les produits importés et polluants, ainsi que la taxe sur les Gafam ainsi que désindexer le barème de l'impôt sur le revenu... Tout cela, "le temps de revenir à 3%" de déficit public. L'idée étant "d'alléger massivement les charges qui pèsent sur les salaires" et ainsi "réduire l'écart entre le salaire brut et le salaire net".
L'ancien ministre veut aussi donner plus de pouvoirs à Bercy dans les arbitrages, en lui permettant par exemple de poser des vétos sur les sujets relatifs aux finances publiques, ou encore en limitant le droit d’amendement des parlementaires pour augmenter les dépenses. Il lui semble également "important de demander aux grandes fortunes une contribution, à l'image de ce qui a été fait pour la reconstruction de Notre-Dame".
Sur les dépenses de santé, il a également soutenu que l'État "ne remboursera plus le Doliprane" , mais "garantira la protection totale contre les risques de santé les plus graves".
Sur le patrimoine et l'héritage, en revanche, Bruno Le Maire adopte une position plus protectrice.
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