A Saint-Malo, la Route du Rhum côté terre
Il y a ceux qui viennent à Saint-Malo pour voir partir les bateaux de la Route du Rhum et les autres, qui se pressent ici pour tout le reste : assister au drôle de mélange qui transforme, tous les quatre ans, la cité corsaire en salon nautique à ciel ouvert, fête populaire, parc d’attractions et agora improvisée.
Ici, les 118 skippers – dont 14 sont originaires du pays malouin – qui prendront le départ, le 1er novembre, pour les 3 542 milles séparant le port breton de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, ont beau monopoliser les regards, une bonne partie de l’histoire se joue à quai.
Dans le village de 70 000 mètres carrés, déployé autour des bassins Vauban et Duguay-Trouin, on découvre des embarcations hors normes, on croise des sponsors omniprésents, des journalistes en effervescence et une foule de curieux, peu au fait des subtilités de la compétition, juste désireux de se fondre dans le joyeux barnum malouin.
La course est un spectacle qui se consomme à terre avant de se vivre au large.
Outre l'événement créé par l' amarrage aux quais de Saint-Malo d' Art Explorer , le bateau-musée de la fondation Art Explora, qui devrait accueillir à son bord jusqu'à 2000 visiteurs par jour pour découvrir son exposition embarquée, Song of water , la cité malouine redouble d'initiatives.
Il y a, visible par tous, le Rhum Park qui assume la dimension foraine du village avec sa grande roue et sa tyrolienne géante.
Pour les passionnés, c’est un sas récréatif ; pour les autres, une porte d’entrée dans la compétition.
Plus discret à première vue, le nouveau "Off du Rhum" cherche, lui, à faire sortir la manifestation de son aquarium médiatique à travers des concerts, des spectacles, des expositions et des rencontres qui essaiment dans la ville et ses environs.
Le principe est simple : puisque le Rhum attire tout le monde, autant profiter de cette concentration pour faire circuler les publics et les artistes.
Le village du Rhum attend 1,5 million de visiteurs pour cette édition 2026.
Dans le quartier de Saint-Servan, en marge du village, Okeanos propose un changement d’échelle, avec son festival consacré à l’océan et à ses écosystèmes.
Au milieu d’une fête qui célèbre les performances humaines, il y est question de ce qui existait avant nous et pourrait fort bien nous survivre : la mer elle-même – autrement dit cette nature fragile qui réside sous l’étrave des monocoques.
Derrière le navigateur érigé en héros de légende, l’aventure transatlantique invite à voir autrement le territoire qu’elle traverse, avec un océan à la fois décor, adversaire, ressource, espace de liberté et milieu menacé.
Ce déplacement du regard raconte l’évolution de la Route du Rhum, autour de laquelle se dessine désormais un écosystème culturel, festif et pédagogique.
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