Les agences de crédit à l’exportation, un levier efficace pour renforcer la compétitivité, par Adrien Matray
Comme la plupart des pays dans le monde, la France possède, avec Bpifrance Assurance Export (BPI-AE), une agence publique pour faciliter le financement des exportations.
Similaire aux autres institutions de l’OCDE par ses prérogatives, sa gouvernance et sa performance, BPI-AE se distingue en revanche par sa taille modeste, avec un écart de financement vis-à-vis des autres pays développés qui ne cesse de se creuser depuis 15 ans.
Cette timidité du financement français est d’autant plus dommageable que les agences de crédit à l’exportation (ACE) sont un levier puissant de croissance économique.
Une analyse du cas américain montre que chaque dollar de soutien au crédit export génère environ 4,50 dollars d’exportations supplémentaires, permettant aux entreprises productives et financièrement contraintes de croître plus vite, augmentant ainsi la productivité agrégée de l’économie américaine.
Loin de coûter de l’argent au Trésor américain , EXIM (Export-Import Bank) a reversé 9,7 milliards de dollars de profits en trente ans, tout en maintenant un taux de défaut de seulement 0,3 %.
Si la France portait son financement export au niveau des pays européens les plus actifs, elle disposerait d’un levier puissant, autofinancé et quasiment sans coût budgétaire, pour renforcer sa compétitivité.
Explications.
Dans plus de 90 pays, les gouvernements aident leurs exportateurs à financer leurs ventes à l’étranger par l’intermédiaire d’institutions spécialisées appelées agences de crédit à l’exportation (ACE).
Ces agences fournissent des prêts, des garanties et des assurances pour les opérations d’exportation que les banques privées ne peuvent pas financer seules.
La logique est simple : les transactions internationales impliquent des cycles de paiement plus longs et des risques de défaut plus élevés, et font intervenir des systèmes juridiques étrangers en cas d’impayé.
Les prêteurs privés réagissent en rationnant le crédit, empêchant les exportateurs de financer des transactions pourtant économiquement rentables.
Ce rationnement crée un espace pour l’intervention de l’État car les gouvernements ne se substituent pas au financement privé ; ils interviennent uniquement là où le risque transfrontalier met le marché privé en échec.
La défense, première industrie soutenue en France En France, cette activité est assurée par Bpifrance Assurance Export (BPI-AE), anciennement gérée par la Coface jusqu’en 2017.
Elle fonctionne comme une "entité transparente" : Bpifrance agit en tant que mandataire de l’État français, qui porte l’ensemble des risques sur son propre bilan, via le Trésor.
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