Derrière Mistral, la montée en puissance d'EQT, nouvel argentier préféré de la tech européenne
Naturellement, Samsung a eu tous les honneurs.
Si le montant de sa participation demeure confidentiel, le Sud-coréen est le premier investisseur de la dernière levée record du champion tricolore Mistral AI , trois milliards d'euros, dévoilée mardi 8 septembre.
Au-delà des intérêts financiers, le rapprochement est celui de deux Etats, la France et la Corée du Sud, en quête d'une troisième voie dans l'intelligence artificielle , un secteur dominé par les Etats-Unis et la Chine.
Un symbole majeur, qui a masqué un autre acteur clef de l'opération : EQT.
La société de capital-investissement ( private equity ) suédoise gère le nouveau " Scaleup Europe Fund ".
Cette initiative de l'Union européenne cible les entreprises technologiques du continent — IA, quantique, robotique, défense... — parvenues à un stade de développement où il faut voir plus grand.
Souvent, grâce à un chèque supérieur à 100 millions d'euros, plafond de verre bien connu des entrepreneurs européens.
A cause de ce manque de financement, "l'Europe produit autant de start-up que les Etats-Unis, mais 80 % moins de scale-ups et 85 % moins de licornes", souligne une note de l'Institut Jacques Delors publiée cette année.
Restait le recours aux fonds américains, pour les meilleures.
Mais Donald Trump l'a quelque peu chamboulé.
Par souci de souveraineté, nombre de jeunes pousses du continent préfèrent désormais l'argent européen.
Comme celui d’EQT.
Dans le deal Mistral, le groupe suédois, à l’aide du "Scaleup Fund", se positionne juste derrière Samsung, avec une participation qui se chiffre sans doute en centaines de millions d'euros.
Une de plus, en seulement quelques semaines.
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