« On peut s’attendre à une durée de vie maximale de 60 ans » : cinq choses à savoir sur les flamants roses
Avec son plumage éclatant et sa silhouette longiligne, il est l’animal sauvage le plus connu et le plus emblématique de la Camargue. Mais que sait-on vraiment du flamant rose ? Réponses avec Jocelyn Champagnon, chercheur à la Tour du Valat, une fondation privée reconnue d’utilité publique, dédiée à l’étude et à la protection des zones humides méditerranéennes. Elle étudie le comportement de ces oiseaux depuis près de 50 ans.
Le plus vieux flamant rose en captivité a atteint l’âge canonique, pour un oiseau, de… 83 ans ! Et dans la nature ? La Tour du Valat a lancé en 1977 un vaste programme de baguage des flamants roses , pour mieux connaître leurs comportements et déplacements. Près de 30 000 oiseaux ont été bagués en Camargue et 76 000 autour de la Méditerranée. Au total, ces oiseaux ont été repérés et observés près d’un million de fois dans 35 pays. Or l’un des premiers flamants bagués en 1977, sur l’étang du Fangassier près d’Arles (Bouches-du-Rhône) a été vu, toujours en vie, 44 ans plus tard ! Verra-t-on d’autres flamants plus vieux encore ? « On peut s’attendre à une durée de vie maximale de 60 ans » , estime Jocelyn Champagnon.
Ce n’est qu’à partir de l’âge de six ou sept ans que le flamant rose commence à se reproduire. Mais pas comme un lapin : un seul œuf à la fois, chaque année. Et toujours en groupe : « les flamants se caractérisent par des colonies très denses » , explique le chercheur. « Il faut qu’ils soient des milliers d’individus ensemble pour bien se reproduire. Et ils ont besoin d’un site isolé, où ils se sentent en sécurité vis-à-vis des prédateurs, comme les renards ». Le lieu idéal est un îlot entouré d’eau salée ou saumâtre. Naguère habitués à l’étang du Fangassier, les flamants lui préfèrent, depuis quelques années, les Salins du Midi, à Aigues-Mortes, désormais l’unique site de reproduction en France.
Les flamants nés en Camargue migreront en Espagne, en Italie, en Afrique du Nord ou… resteront en Camargue. Certains flamants migrent et d’autres pas. « Les jeunes flamants vont avoir une longue phase d’immaturité, jusqu’à six ou sept ans, pendant laquelle ils vont découvrir des sites, puis, petit à petit, limiter leurs déplacements. Certains vont se fixer quelque part. D’autres auront un comportement migrateur » . Pourquoi ? Les chercheurs de la Tour du Valat n’ont pas encore la réponse. « On s’aperçoit, au moment du baguage, que certains sont plus agressifs que d’autres. Mais on n’a pas pu mettre en évidence un lien entre leur comportement et leur habitude de migration ».
L’espérance de vie du flamant rose est particulièrement faible pendant sa première année de vie. « Le jeune flamant fait face à beaucoup de risques : les prédateurs, la difficulté à se nourrir, la migration… 40 % des individus meurent la première année » . Le flamant adulte, plus résistant, ne commence à décliner qu’à partir de l’âge de 20 ans. S’il est grégaire ou s’il est migrateur, le flamant n’aura pas la même espérance de vie. « Les jeunes flamants auront un taux de survie plus élevé, de 80 %, s’ils restent en France ou en Espagne » . Les dangers de la traversée de la Méditerranée réduisent l’espérance de vie des moins expérimentés.
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