« Le RN n’a pas réussi son opération de séduction auprès du patronat » : ce que révèle l’enquête inédite du Medef auprès de 60 000 chefs d’entreprise
Instabilité politique, défiance envers LFI et le RN, déception vis-à-vis d’Emmanuel Macron… Le patronat est déboussolé à l’approche de la présidentielle de 2027 selon Bruno Jeanbart, vice-président d’OpinionWay.
À quelque mois de la présidentielle de 2027, le Medef sort les grands moyens. Avant le grand débat organisé par l’organisation patronale lors de sa Rencontre des Entrepreneurs de France ce jeudi 27 août, elle dévoile les conclusions d’ une grande enquête réalisée avec OpinionWay auprès de quelque 60 000 patrons. Les résultats dessinent un patronat déboussolé et peu convaincu que le scrutin de 2027 permette de refermer la parenthèse ouverte par la dissolution de 2024.
Bruno Jeanbart, vice-président d’OpinionWay décrypte pour Challenges les principaux enseignements de cette enquête.
Bruno Jeanbart : Les patrons sont inquiets. Ils n’ont pas le sentiment que l’élection de 2027 permettra de refermer le mauvais cycle ouvert par la dissolution de 2024. Depuis deux ans, ils subissent l’instabilité politique liée à l’absence de majorité à l’Assemblée nationale, avec pour conséquence des difficultés à prendre des décisions fortes en matière de finances publiques ou pour relancer une activité économique atone. Et ils n’entrevoient pas forcément de jours meilleurs après la présidentielle.
Comme beaucoup de Français, les chefs d’entreprise constatent une polarisation croissante de la vie politique . Jean-Luc Mélenchon est perçu depuis longtemps par les patrons comme le représentant d’une gauche très étatiste et peu favorable aux entreprises. Ce n’est pas nouveau. En revanche, ce qui est intéressant, c’est que le Rassemblement national de Marine Le Pen n’a pas réussi son opération de séduction auprès du patronat.
Oui, les chefs d’entreprise continuent de percevoir le Rassemblement national comme un risque pour leur activité. De ce point de vue, la stratégie mise en œuvre par Jordan Bardella au printemps dernier pour rassurer et séduire le patronat n’a pas fonctionné.
Oui, les patrons sont un peu perdus. D’autant qu’ils sont très déçus par Emmanuel Macron. Il les avait séduits en 2017 avec son discours probusiness et ses réformes du Code du travail, de l’apprentissage ou encore de la fiscalité. Mais son second mandat a été marqué par l’instabilité politique, notamment après sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale en 2024. Et cela, les chefs d’entreprise lui en tiennent rigueur.
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