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Limogé pour avoir dit la vérité : Andrei Klepach, l'économiste russe qui a osé dire que Moscou perdait la guerre

L'Express ·
Limogé pour avoir dit la vérité : Andrei Klepach, l'économiste russe qui a osé dire que Moscou perdait la guerre

Deux jours après des révélations dans le Moscow Times , le couperet est tombé.

L'économiste en chef de la deuxième banque russe VEB, en poste depuis 12 ans, a été limogé, le Kremlin n'ayant visiblement pas apprécié ses commentaires critiques sur l'état de l'économie, à en croire le média indépendant russe The Bell .

Lors d'un événement organisé en mai par le Club Nikitsky de la Bourse de Moscou, Andrei Klepach avait notamment averti sur le fait que la Russie ne gagnerait pas une guerre économique prolongée contre l'Ukraine et que les craintes d'un effondrement économique imminent de l'Ukraine étaient infondées.

Pas du goût de Vladimir Poutine...

"La Russie à la traîne", "une crise sociale inévitable" Pas plus d'ailleurs que ses autres déclarations.

Il avait aussi déclaré que les pressions exercées sur l'économie russe par la guerre entraîneraient inévitablement une "crise sociale" qui éclaterait "au moment où personne ne s'y attendrait particulièrement".

Ou encore que la Russie était à la traîne par rapport à la Chine et aux Etats-Unis sur le plan technologique.

Des commentaires qui constituent une rare reconnaissance, de la part d'un économiste russe de haut rang, des difficultés économiques croissantes du pays, à rebours du discours tenu par Vladimir Poutine.

Le président russe continue en effet de maintenir que l'économie russe résiste avec succès aux pressions de la guerre et que l'épuisement économique de l'Ukraine n'est qu'une question de temps.

Le Kremlin fait le ménage dans ses rangs Le limogeage de Klepach est donc tout sauf anodin : il rappelle l'insistance croissance du Kremlin sur la loyauté au sein des hautes sphères du pouvoir russe et sur les purges effectuées dans l'entourage de Vladimir Poutine.

Et ce dans un contexte où l'économie russe traverse sa période la plus difficile depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par Poutine en 2022, mise à rude épreuve par les dépenses massives liées à la guerre, les sanctions occidentales et la capacité croissante de l'Ukraine à frapper l'industrie pétrolière et gazière de Moscou.

"Le limogeage de Klepach – l'un des meilleurs macroéconomistes russes – ne devrait pas retarder la crise imminente qu'il annonçait depuis longtemps", analyse auprès du Guardian Alexandra Prokopenko, ancienne conseillère de la banque centrale russe et chercheuse associée au Centre Carnegie Russie-Eurasie.

L'économie russe au bord du gouffre ? Au cours des quatre premiers mois de 2026 seulement, le déficit budgétaire de la Russie a atteint 5 870 milliards de roubles, dépassant largement l'objectif gouvernemental de 3 790 milliards de roubles pour l'ensemble de l'année.

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