Les médias ont-ils "lynché Jason Arday" ? Quelques vérités dérangeantes sur cette tragédie qui agite le Royaume-Uni
Notre époque aime les martyrs.
La mort tragique de Jason Arday à l’âge de 41 ans fournit aujourd’hui à la gauche antiraciste une victime de choix, et une indignation collective.
Présenté comme "le plus jeune professeur noir de l’université Cambridge", ce sociologue de l’éducation, fils d’immigrés ghanéens, avait démissionné le 5 août après des accusations de plagiat et d’affabulation.
Il a été retrouvé mort le 14 août à Londres.
Depuis, le récit dominant qu’on peut lire en France, même dans la presse de droite comme Le Figaro , est celui d’un universitaire diagnostiqué autiste, donc très "vulnérable", victime d’une infâme campagne de la part de la presse britannique, sur fond de racisme.
Ont notamment été repris les propos de Lord Woolley, directeur du Homerton College de Cambridge, qui l’a qualifié de "formidable jeune homme au grand cœur", assurant qu'"il a été lavé de tout soupçon de plagiat par la John Moores University et pourtant, il a subi une chasse aux sorcières des plus horribles, toxique et féroce, que très peu d’entre nous auraient pu supporter".
Le militant antiraciste Ibram X.
Xendi est allé jusqu’à affirmer que "les médias ont lynché Jason Arday".
Il suffit pourtant de se pencher sur la presse anglophone pour constater que des journalistes sérieux ont simplement fait leur travail en contredisant les nombreux mensonges qui ont permis à Jason Arday de devenir une célébrité académique et médiatique.
Le New York Times , pas franchement un quotidien réactionnaire, a publié le 15 août une remarquable enquête soulignant à quel point l’université de Cambridge "a ignoré une série d'avertissements concernant son parcours et son œuvre" en le recrutant en 2003, à un moment où cette institution presque millénaire était sous le feu des critiques pour son manque de diversité au sein de son corps enseignant.
Jason Arday a déclaré avoir obtenu son doctorat malgré un autisme sévère qui l'aurait empêché de parler jusqu'à l'âge de 11 ans et de lire jusqu'à l'âge de 18 ans.
Cela aurait fait de lui un cas unique dans l'histoire de la médecine.
"Son parcours prétendument exceptionnel, de préadolescent incapable de s'exprimer verbalement à titulaire d'un doctorat, n'avait aucun précédent dans la littérature médicale, comme l’affirment des experts en retards de développement et de langage.
Cela aurait dû alerter le comité de recrutement de Cambridge, qui comptait parmi ses membres un pédopsychiatre ayant mené des recherches sur l'autisme", souligne le New York Times .
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