Guerre en Ukraine : pour aider Kiev, l’UE doit retirer les avoirs russes de Belgique
L’an dernier, un veto belge a torpillé l’ambition de l’Union européenne d’utiliser au profit de l’Ukraine le pactole russe de 210 milliards d’euros hébergé par la Belgique.
La question revient à l’ordre du jour européen avec un projet visant à transférer les fonds hors de la responsabilité des autorités belges, afin de faciliter leur mobilisation pour faire pression sur Moscou.
Le chef de la diplomatie belge Maxime Prévot, en visite à Kiev le 18 août, n’a exprimé aucune "opposition de principe" à l’utilisation de l’argent au bénéfice de l’Ukraine mais a répété que son pays excluait de s’attirer seul les foudres russes, qu’elles soient financières, judiciaires ou sécuritaires.
"La Belgique s’attend à ce que le débat revienne sur la table, mais les risques ne se sont pas miraculeusement évaporés ", a-t-il prévenu.
Sans garanties solides, le royaume "conservera sa position prudentielle".
Pour sortir de l’impasse, trois experts indépendants proposent de mutualiser les risques en transférant les avoirs de la Banque centrale russe gelés par les Vingt-Sept - et dont la quasi-totalité est logée chez la société bruxelloise de services financiers Euroclear - vers une nouvelle structure créée à cette fin et qui relèverait de l’Union européenne dans son ensemble.
Un duo franco-allemand de responsables politiques vient d’apporter son soutien public à l’idée : Annegret Kramp-Karrenbauer, figure de la CDU allemande et présidente de l’influente Fondation Konrad-Adenauer, et Nathalie Loiseau, eurodéputée Renew qui préside la sous-commission Sécurité et Défense du Parlement européen.
"C’est une question de volonté politique, confie Nathalie Loiseau.
Quand on parle aux experts juridiques, tous nous disent qu’on peut aller de l’avant.
La question qui a été mal tranchée l’an dernier porte sur le niveau de solidarité dû à la Belgique, qui exigeait de ses partenaires européens des garanties infinies.
La bonne réponse, c’est de lui dire : ce n’est plus vous qui serez responsable, mais l’UE".
Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a d’ailleurs reconnu lui-même que le jour où les avoirs seraient transférés hors du gardiennage d’Euroclear serait pour lui "un jour de grand bonheur".
La guerre en Iran joue en faveur de la Russie L’Union, qui assure l’essentiel du soutien financier à l’Ukraine depuis que les Etats-Unis ont cessé leur aide à la suite de l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en 2025, a contourné le veto belge l’an dernier en décidant d’emprunter elle-même 90 milliards d’euros sur les marchés financiers pour les prêter à l’Ukraine, pour moitié en 2026 et moitié en 2027.
Mais un tel emprunt, dont le coût repose sur les 24 Etats membres qui en ont accepté le principe, a peu de chances de pouvoir être répété.
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