Flambée des prix du pétrole : quand les analystes de JPMorgan s'avouent déboussolés
Quelques phrases auront suffi à provoquer l’émoi.
Comment est-il possible qu'un des piliers de Wall Street n'ait plus de scénario de référence pour le prix du baril ? Dans une note publiée jeudi dernier, l’équipe d’analyse du secteur des matières premières de la plus grande banque américaine l'a pourtant concédé : elle ne sait pas comment "modéliser le dénouement" pour les marchés pétroliers.
Ce genre d'aveu socratique - "Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien" - n'est pas commun dans le milieu de la finance.
Il n'en est que plus salué.
"Ils ont dit tout haut ce que tout le monde pensait tout bas, glisse Ole Hansen, responsable de la stratégie matières premières chez Saxo Banque.
Autrefois, une prévision à trois ou six mois se jouait sur quelques centaines de milliers de barils d'écart entre l'offre et la demande.
Aujourd'hui, on parle de plusieurs millions".
Lignes rouges franchies Depuis l'éclatement du conflit au Moyen-Orient , JPMorgan a dû revoir sa copie.
"Nous supposions qu’il existait des lignes rouges économiques que l’administration américaine serait réticente à franchir : un pétrole à 100 dollars (...), une inflation globale à 4 %, un rendement du Trésor américain à 10 ans à 5 %.
Six mois plus tard, beaucoup de ces lignes ont été franchies", peut-on lire dans la note.
La faute, d'abord, à plusieurs coups de théâtre géopolitiques.
La rupture de l'accord de paix entre l'Iran et les Etats-Unis, les attaques de drones contre un oléoduc saoudien début septembre...
"Depuis la rupture de l’accord entre Washington et Téhéran, on assiste à une intensification du conflit qui, lors des crises pétrolières précédentes, aurait probablement entraîné le baril dans une zone de 120 à 150 dollars", pointe Christophe Herpet, directeur des gestions chez Ofi Invest AM.
Mais c'était sans compter sur un ajustement plus rapide que prévu du marché pétrolier : la baisse de la demande a amorti le choc et le besoin de puiser dans les stocks a été moindre qu’anticipé.
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