Casablanca, vitrine d’un Maroc pétri de contradictions
C’est une métropole où l’on pourrait rêver en grand. Désigné pour accueillir la Coupe d'Afrique des nations, en janvier 2026, et la Coupe du monde de football, en 2030, aux côtés de l’Espagne et du Portugal, le Maroc a fait de Casablanca la vitrine de ses ambitions pour l’avenir. Et le lieu de chantiers importants, parmi lesquels sa jeunesse tente de trouver sa place.
Une jeunesse qu’Alessandro Gandolfi a voulu célébrer dans sa série Casablanca Calling. C’est en 2000, lors d’un premier voyage marquant, que le photographe italien s’est enamouré de la ville. Avant d’y retourner à plusieurs reprises. Il a ainsi observé la transformation d’“ une ville en pleine expansion, au cœur d’un boom économique et financier”.
Sur ses images, la capitale économique du royaume apparaît dynamique, contradictoire, autant portée vers l’avenir qu’ancrée dans le passé. Des portraits de jeunes qui dansent, chantent ou font du sport se mêlent à des photos d’infrastructures neuves – transports publics, centres commerciaux, terrains de sport – et à celles de vieilles bâtisses et de mosquées.
“J’ai découvert une ville vibrante et dynamique, parfois un peu décadente, mais toujours débordante d’excellence , confie l’Italien. J’ai notamment constaté un fort intérêt pour l’architecture coloniale, un héritage certes parfois perçu comme négatif, mais auquel les Marocains sont très attachés ; un patrimoine que certains d’entre eux, regroupés en associations, s’efforcent de préserver et de protéger.”
D’autant que c’est à Casablanca qu’une partie de la jeunesse s’est soulevée lors du mouvement gen Z 212, durement réprimé à l’automne dernier. Et c’est aussi de là que sont originaires nombre des milliers de jeunes qui ont cherché à rejoindre fin juillet l’enclave espagnole de Ceuta , rêvant d’un avenir meilleur en Europe.
Beaucoup viennent des quartiers pauvres tels que la médina, où les inégalités continuent de se creuser, comme dans tout le pays. Aujourd’hui, Casablanca est l’une des métropoles les plus importantes d’Afrique, mais sans que cela ne profite à tous ses habitants.
“Je voulais capturer plusieurs facettes de la ville – une métropole loyale au gouvernement d’Aziz Akhannouch, mais qui contient dans le même temps les graines de la critique et de la protestation contre le régime”, explique Alessandro Gandolfi.
Pleine de contradictions, la ville l’émerveille toutefois par “ses vieux bâtiments en désuétude, mais aussi ses banlieues, qui connaissent un boom de la construction, et qui font de Casablanca, et de sa vibrante scène culturelle, le lieu parfait pour un projet photographique”.
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