À Singapour, les cheveux de la discorde
En 1972, le gouvernement de Singapour annonçait une campagne qu’on aurait dite élaborée par un personnage de méchant dans un dessin animé : l’opération Snip Snip. Un nom puéril parfaitement adapté à la nature de la mission. Bien déterminé à éradiquer le mouvement hippie – cette odieuse conspiration de chevelus –, le gouvernement s’était en effet mis en devoir d’offrir une coupe réglementaire à tous les hommes aux cheveux longs. Les barbes étaient également concernées, y compris pour les gens qui ne résidaient pas à Singapour. Les voyageurs étaient arrêtés à la police des frontières : on coupe ou vous n’entrez pas.
Certains acceptaient, selon la logique “à Rome, fais comme les Romains”. D’autres, notamment des musiciens qui avaient des concerts programmés dans la cité-État, refusaient. Ils trouvaient l’idée ridicule, comme la plupart d’entre nous le penseraient aujourd’hui. Les grands gagnants de cette histoire ? Les coiffeurs et barbiers. Installé près d’un poste de contrôle de Singapour, M. Kandasamy se souvient avoir accueilli plus de clients cette année-là qu’en vingt ans de carrière. Il avait même augmenté ses tarifs – de 1,20 dollar de Singapour à 1,50 dollar [0,81 à 1 euro] – et avait étendu ses horaires d’ouverture. Même chose pour son confrère Mahmud bin Haji Ahmad qui a
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Le chiffre du jour. À Singapour, la plus haute ferme verticale au monde produira 1,2 million de laitues
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