De la fatwa contre Pokémon au projet de parc "Dragon Ball" : la volte-face de l'Arabie saoudite sur les mangas
Mars 2001, un conflit surprenant oppose Riyad à Bourg Palette.
Dans une publication très sérieuse, le mufti d'Arabie saoudite et les plus hautes autorités religieuses du pays émettent une fatwa contre...
Pokémon.
L'ensemble des jeux et des produits dérivés sont concernés, sous prétexte que les cartes à collectionner s'apparentent à des jeux de hasard ou d'argent, interdits par l'islam ; le clergé affirme également que les symboles présents sur les cartes (comme des étoiles à six branches) renvoient au sionisme ou à la franc-maçonnerie, et que les évolutions des créatures rappellent la théorie de l'évolution de Darwin plutôt que la création divine.
Enfin, les religieux jugent que les créatures et les paris associés possèdent les esprits des jeunes et perturbent leurs croyances.
Cette interdiction refait surface en juillet 2016 lors du lancement mondial de Pokémon GO , l'autorité religieuse saoudienne ayant rappelé l'existence de cet édit de 2001 pour mettre en garde contre la version mobile en réalité augmentée.
Dix ans plus tard, la donne a changé, le royaume wahhabite aussi.
Fini la croisade contre les mangas, place au développement économique et au "soft power" sous l'impulsion du prince héritier Mohammed ben Salmane.
Lundi 24 août, ce dernier s'est rendu en France en grande pompe pour annoncer la création d'un parc d'attractions sur le thème de la franchise japonaise de mangas Dragon Ball Z près de Paris, un projet d'un montant de six milliards d'euros.
"Vous connaissez mon intérêt pour les mangas.
Vous savez aussi ma détermination à attirer en France les investissements qui créent des emplois et rendent possibles les projets les plus ambitieux", a écrit Emmanuel Macron sur X.
Ce dernier possède un dessin original de Dragon Ball, et son entourage a assuré à l’AFP qu’il partageait avec Mohammed ben Salmane une même passion pour le manga créé par Akira Toriyama (1955-2024).
Comment expliquer un tel revirement de l'Arabie saoudite au sujet des franchises japonaises en seulement quelques années ? Explications avec Julien Bouvard, maître de conférences en études japonaises à l’université Jean-Moulin-Lyon-III.
L'Express : Depuis la fatwa émise contre Pokémon au début des années 2000, l'Arabie saoudite a profondément changé son rapport aux mangas.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.