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La réponse de Marc Knobel à Jordan Bardella : "Les victimes juives ne sont pas les figurantes d'une stratégie de dédiabolisation"

L'Express ·
La réponse de Marc Knobel à Jordan Bardella : "Les victimes juives ne sont pas les figurantes d'une stratégie de dédiabolisation"

Mediapart a publié le 28 septembre puis le 1er octobre des messages attribués à Jordan Bardella , datant de 2013 à 2015.

Selon le média, leur extraction depuis Messenger [NDLR : l’application de messagerie de Meta] a été authentifiée par huissier.

Le président du Rassemblement national a démenti en être l'auteur, parle de "faux grossiers" et a porté plainte pour diffamation.

Les faits ne sont donc pas établis, et la justice est saisie.

Interrogé sur les accusations d'antisémitisme qui le visent , le 8 octobre sur LCI, Jordan Bardella dénonce une "hystérie généralisée" et lance qu’"il va falloir maintenant se calmer.

Il va falloir accepter de parler de la France, il va falloir accepter de parler des sujets qui concernent nos compatriotes." Puis il ajoute : "Vous ne pensez pas qu'il y a d'autres sujets de préoccupations ?" Deux jours plus tard, sur Franceinfo, Andréa Kotarac, porte-parole du Rassemblement national, affirme que "tout le monde se fout" de l'affaire Bardella, dont "l'objectif" serait, dit-il, "de freiner l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir".

Interrogé sur les éventuelles répercussions de cette affaire sur les alliés du RN à droite, il répond : "Si ça n'influence pas les Français, ça n'a aucune raison d'influencer nos alliés." Même sur le terrain électoral, répondre que "tout le monde s'en fout" revient à écarter la question de la véracité de l'affaire.

Ces réponses laissent entendre, à tort, que l'antisémitisme ne concernerait pas "nos compatriotes" et que s'en occuper empêcherait de parler de la France.

Or parler de l'antisémitisme, c'est précisément parler de la France : de nos compatriotes juifs, de leur place dans la nation et de leur droit à vivre en sécurité.

C'est parler des valeurs de la République et de ce qui les bafoue.

Ce n'est pas détourner le débat des préoccupations françaises : c'est refuser d'en exclure celles de nos concitoyens juifs.

Or, pendant des années, vous avez fait de la lutte contre l'antisémitisme l'un des arguments de votre transformation politique.

Vous avez présenté le Rassemblement national comme un parti débarrassé de ses vieux démons, capable de rompre avec son histoire et de prétendre au pouvoir.

Vous avez fait de cette rupture affichée un argument électoral.

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