"Comment peut-on disparaître au paradis?": depuis onze ans, un électronicien enquête sur la disparition de Julie Michel en Ariège
ENQUÊTEURS AMATEURS (5/5). Ils n'ont aucun lien avec le monde de la police et de la justice, mais se sont lancés à corps perdu dans la résolution d'une enquête criminelle. Originaire de Bretagne, David Duval part tous les étés en Ariège sur les traces de Julie Michel, disparue en 2013. Il est tout juste 9 heures du matin et déjà le soleil s'abat sur le col du Port de Lers. Presque toutes les places ont trouvé preneur, et pourtant une étrange sérénité plane sur ce parking niché entre deux pics ariégeois, à peine troublée par les cloches pendues au cou des vaches qui paissent non loin. En quête d'un peu d'ombre, un cheval se colle au flanc d'un camping-car. Des ânes dressent fièrement leurs oreilles dès qu'un promeneur s'approche et des randonneurs s'équipent avant de quitter leur voiture pour une longue marche, vers le pic des Trois Seigneurs pour les plus chevronnés, vers le Mont Ceint pour les autres. Pas peu fiers d'avoir atteint ce sommet, des cyclistes s'arrêtent photographier le panneau qui mentionne: "Port de Lers, Alt 1.517m."
Au milieu de ce tableau, David Duval s'avance vers un écriteau et y épingle une affiche, comme on jette une bouteille à la mer. L'annonce fait état de la disparition de Julie Michel , 27 ans, dont la voiture a été retrouvée précisément ici, sur le parking du Port de Lers, en juillet 2013. La jeune femme, elle, n'a plus jamais donné signe de vie. Chaque été depuis dix ans, David Duval remplace l'affiche précédente, ternie par le soleil, battue par le vent et la pluie durant toute une année, dans l'espoir d'attirer l'attention des visiteurs et de glaner un témoignage capital.
En 2015, lors de vacances dans l'Ariège, lui-même était tombé sur une affiche similaire. Sans le savoir, l'affaire allait happer cet électronicien breton de 56 ans qui n'a aucun lien ni avec la police, ni avec la justice , ni avec la famille de la disparue. À ce moment-là, en balayant du regard l'étendue paisible, une question lui était venue à l'esprit: "Comment peut-on disparaître au paradis?"
En juillet 2013, Julie Michel quitte sa ville d'Auxerre (Yonne) et se lance dans un road trip à travers la France, avec pour objectif final le Pays basque où elle doit rejoindre une amie. Mais un peu avant le 18 juillet, elle sort de l'itinéraire initialement prévu et commence à sillonner les Pyrénées, dans l'Ariège.
Régulièrement, elle envoie des messages à ses proches, notamment à sa mère Betty , pour les tenir informés de sa progression. Pourtant, le 19 juillet, ses communications s'interrompent. Son téléphone borne pour la dernière fois, à 9h40, au Port de Lers, avant de s'éteindre une bonne fois pour toutes, quinze minutes plus tard. Seule sa voiture sera retrouvée, garée sur le parking, quelques jours plus tard.
Inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles, Betty se rend dans un commissariat à Auxerre et remue ciel et terre pour que des recherches soient lancées pour retrouver sa fille. Rapidement, les enquêteurs remontent jusqu'à une personne qui dit avoir échangé brièvement avec Julie, vers midi, le 19 juillet.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.bfmtv.com — le contenu appartient à BFMTV.