Festival de la Fiction de La Rochelle : pourquoi « Paolo » est la série idéale pour ouvrir l’événement
Chaque année, le Festival de la Fiction de La Rochelle s’impose comme l’événement majeur de la création francophone et internationale. Mardi 15 septembre 2026, la mini-série Paolo , créée par Sébastien Marnier pour la plateforme HBO Max a donné le coup d’envoi de cette 28e édition. Un choix qui ne doit rien au hasard : entre thriller psychologique étouffant et sensuel, satire politique et drame humain, l’œuvre s’impose comme l’ouverture idéale, capable de faire le pont avec l’ensemble d’une sélection particulièrement dense cette année.
Au cœur des autres « Fictions Événements » hors compétition, la série affirme sa singularité. Face à la relecture en costumes d’un grand classique avec La Comtesse de Monte-Cristo ( TF1 ) portée par Audrey Fleurot, à l’action militaire du Charles ( M6 / Prime Video) ou au dépaysement luxueux et international de Singapura ( Canal+ ), Paolo mise sur l’intimisme psychologique noir au cœur d’un petit village provincial.
La série suit Paolo (incarné par Jérôme Niel), un jeune homme issu d’un milieu modeste dont la vie bascule le jour où il recroise la route de Téophane Tolbiac (Yoann Gasiorowski), un ancien camarade d’école. Contrairement à Paolo, Téophane est un grand bourgeois brillant et charismatique à qui tout semble réussir : il vit dans une villa ultramoderne avec sa femme enceinte et se trouve en pleine campagne électorale pour la mairie.
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Fasciné par la trajectoire et le magnétisme de Téophane, Paolo décide de s’engager bénévolement dans sa campagne électorale. Mais ce qui ne devait être qu’un simple élan de soutien va très vite déraper : Paolo développe une obsession maladive pour le candidat. Il commence alors à s’immiscer dans l’intimité du politicien et de sa famille. Pour infiltrer ce monde de la haute bourgeoisie dont il n’a pas les codes, Paolo va utiliser le mensonge et se livrer à une véritable manipulation psychologique.
Ce projet s’inscrit en ligne droite de la filmographie d’un cinéaste fasciné par la noirceur humaine, les faux-semblants et le malaise sociologique. « Ce sont des personnages qui sont en tension et en même temps qui ont envie de s’élever, mais qui ne font pas forcément les meilleurs choix pour y parvenir, souligne Sébastien Marnier ( Irréprochable, L’heure de la sortie, L’origine du mal ). Et souvent, ils le font par la fabulation, par le mensonge et par le jeu de rôle. »
L’une des plus grandes forces de cette œuvre réside dans son casting. Pour porter ce duel d’obsession, le cinéaste oppose Jérôme Niel à Yoann Gasiorowski de la Comédie-Française. Jérôme Niel, habitué aux formats courts et humoristiques , opère ici un virage dramatique total. « On a un personnage qui part d’un milieu quand même modeste, et qui est propulsé dans un monde qu’il ne connaît pas, et qui lui est souvent hostile, analyse le réalisateur. Même s’il est flippant, même s’il est dangereux, ce qui est intéressant, c’est de voir comment il va apprendre des choses. »
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