Non, Marine Le Pen n'est pas Giorgia Meloni : il suffit de regarder leurs programmes économiques
Un certain nombre de personnes "raisonnables" autour de moi s’apprêtent à voter Marine Le Pen au prétexte que " ça ne peut pas être pire qu’aujourd’hui " ou que "Le Pen, c’est Meloni", c’est-à-dire que la candidate du RN serait, sur les sujets économiques, plus réaliste qu’elle ne le laisse paraître.
Je passe vite sur le premier argument qui est aisément réfutable.
Car, s’il est sans aucun doute possible de faire beaucoup mieux que ces dix dernières années, notamment en reprenant le contrôle de nos finances publiques ou de notre école, il est tout aussi certain qu’on peut faire bien pire.
Seul un biais de négativité très ancré en France peut expliquer ce sentiment répandu que la politique menée par Emmanuel Macron a été tellement nulle qu’elle ne trouve guère de précédent depuis la débâcle d’Azincourt.
Ceux qui arriveront au pouvoir dans sept mois pourront le vérifier : ils feront face à d’immenses difficultés et deviendront fortement impopulaires dès la rentrée 2027, ce qui fera dire aux observateurs "qu’on n’a jamais vu ça".
Classique.
Cynique, la candidate du RN ? Le deuxième argument, comparant Marine Le Pen à la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni est plus subtil, mais tout aussi réfutable.
Premièrement, il considère que les promesses sont systématiquement oubliées une fois le pouvoir acquis.
C’est historiquement faux.
François Mitterrand, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont, dès le début de leur mandat, décliné l’essentiel de leur programme électoral en réalités législatives et réglementaires.
En outre, pourquoi considérer que Marine Le Pen serait une personne cynique ? Sans doute a-t-elle d’autres défauts, mais pourquoi son penchant pour la retraite à 62 ans, sa méfiance - et peut-être sa détestation - de l’Union européenne, son attachement à nos relations avec la Russie de Vladimir Poutine ne relèveraient-ils pas de convictions profondes ? Marine Le Pen n’est pas Giorgia Meloni, et c’est particulièrement clair quand on regarde leurs programmes économiques.
L’Italienne a fait le choix d’une politique de l’offre, un peu à la Macron, même si elle l’a menée par le coût du travail plus que par la fiscalité du capital.
Elle a allégé le coin fiscalo-social, ramené l’impôt sur le revenu de quatre à trois tranches, et créé un taux d’impôt sur les sociétés réduit pour les entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices.
Surtout, elle a tenu la trajectoire budgétaire de l’Italie.
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