La Chine cible les Australiens d’origine ouïghoure en visite au Xinjiang, pointe Human Rights Watch
Le gouvernement chinois exerce une répression transnationale contre des Australiens d’origine ouïghoure lorsqu’ils rendent visite à leurs familles au Xinjiang, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch. L'ONG internationale appelle Canberra à lancer des avis aux voyageurs, à ouvrir des canaux de signalement sécurisés et à promulguer des lois contre la répression transnationale. Comment la Chine transforme-t-elle ces visites familiales en outil de renseignement et de pression ?
Après plus de dix ans de restrictions sévères, les autorités chinoises ont partiellement assoupli les mesures, permettant désormais à certains Ouïghours vivant à l’étranger de rendre visite à leur famille au Xinjiang. Mais ces autorisations sont instrumentalisées par la Chine qui s’en sert, selon Human Rights Watch (HRW), pour surveiller la diaspora et réprimer la dissidence.
« Un visiteur nous a raconté avoir subi une douzaine d’interrogatoires, dont un qui a duré plus de 7 heures. La police réclame les adresses et les numéros de téléphone de militants connus vivant en Australie , témoigne Yalkun Uluyol, chercheur sur la Chine, au micro de Jelena Tomic , du service international de RFI . Les personnes sont intimidées, l’objectif étant de faire taire toute dénonciation des crimes contre l’humanité commis par la Chine au Xinjiang . Beaucoup d’Australiens ont peur lorsqu’ils visitent leur famille, car ils sont étroitement surveillés, doivent signaler chaque jour aux autorités leur déplacement. Ils craignent pour leur sécurité. Et comment peuvent-ils s’opposer, quand ils savent qu’ils sont eux-mêmes et leur famille entre les mains des autorités ? »
En juillet, une nouvelle loi controversée sur l’unité ethnique , à portée extraterritoriale, est entrée en vigueur en Chine. Les organisations ou individus qui porteraient atteinte à l’unité nationale en dehors de la Chine pourront être tenus « légalement responsables ». Cette loi intervient tout juste quatre ans après un rapport onusien sur les détentions arbitraires, la torture et le travail forcé au Xinjiang pouvant constituer des crimes contre l’humanité.
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