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Comment reprendre le contrôle de la dette en réduisant les dépenses : les recommandations de François Ecalle

L'Express ·
Comment reprendre le contrôle de la dette en réduisant les dépenses : les recommandations de François Ecalle

A la fin de 2025, la dette publique de la France s’élevait à 3 460 milliards d'euros, soit 115,6 % du Produit intérieur brut (PIB), ce qui nous plaçait à la troisième place de la zone euro et de l’Union européenne, derrière la Grèce et l’Italie.

Le PIB est une mesure approximative de l’assiette sur laquelle sont prélevés les impôts et cotisations sociales qui permettent de financer les dépenses publiques et pourraient permettre de rembourser la dette publique.

Celle-ci ne peut donc pas augmenter indéfiniment plus vite que le PIB sans risque et il faut en reprendre le contrôle.

L’effort nécessaire est considérable et devrait prendre principalement la forme d’économies sur les dépenses publiques, même si une hausse des prélèvements obligatoires est très difficilement évitable.

La dette publique a doublé en 30 ans En pourcentage du PIB, la dette publique de la France, a augmenté de 58 points de 1995 à 2025, soit un doublement en 30 ans, alors que la dette moyenne des pays de la zone euro s’est accrue de 16 points sur cette période.

Le risque d’une telle évolution est toujours que les créanciers de l’Etat craignent de ne pas être remboursés et majorent fortement le taux d’intérêt auquel ils acceptent de lui prêter, ce qui ne fait qu’aggraver le problème et peut conduire à un arrêt des financements, un défaut de paiement et une très grave crise.

Il n’existe pas de seuil d’endettement au-delà duquel une telle crise devient très probable car son déclenchement dépend de facteurs qualitatifs comme la crédibilité de la politique économique ou la solidité des institutions.

Les économistes peuvent seulement dire que, pour éviter une crise, il faut que la dette publique soit sous contrôle, ce qui signifie pour eux qu’elle doit pouvoir être stabilisée en pourcentage du PIB.

Cette condition n’est manifestement pas satisfaite par la dette française et pourtant, l’Etat continue à emprunter facilement à un taux qui n’est pas beaucoup plus élevé que celui de pays considérés comme sans risque comme l’Allemagne.

L’écart avec les taux allemands a été bien plus important pour certains pays européens pendant la crise des dettes publiques de 2011-2012.

Les acteurs des marchés financiers savent en effet depuis lors que la Banque centrale européenne (BCE) a les moyens juridiques et financiers d’acheter les titres de dette d’un pays de la zone euro en quantité illimitée et de casser ainsi toute hausse intempestive du taux d’intérêt auquel il emprunte.

Ils pourraient toutefois se rappeler soudainement un jour qu’une telle intervention de la BCE n’est pas automatique et déclencher une crise.

Il est préférable de ne pas l’attendre et de stabiliser la dette publique au plus tôt.

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