Prix Goncourt 2026 : le jury a-t-il fait preuve de bon goût ?
En l’absence de Didier Decoin, disparu cet été et pas encore remplacé, ils ne sont que neuf à voter cette année.
Parfois audacieux (comme en 2021 quand ils avaient lancé Mohamed Mbougar Sarr), souvent sans surprise (comme ces deux dernières années, où ils avaient consacré les auteurs attendus, Kamel Daoud et Laurent Mauvignier), les jurés Goncourt sont décisifs : un roman événement de la rentrée qui ne figure pas sur leur première liste perd tout de suite de son aura.
Cette année, le grand perdant est François-Henri Désérable.
Dommage pour lui que Bernard Pivot ne soit plus de ce monde : le présentateur vedette d’ Apostrophes , président de l’académie Goncourt de 2014 à 2019, aurait adoré son ode aux vins de Bourgogne.
En plus d’être excellent, Le Palais a un fort potentiel commercial – traduit en une quinzaine de langues, il s’est déjà vendu chez nous à plus de 10 000 exemplaires.
Il aurait fait un très bon Goncourt, à la fois littéraire et populaire ; mais on savait que la personnalité clivante de l’auteur, qui s'est fait massacrer au Masque et la Plume , ne plaidait pas en sa faveur.
Chez Gallimard, le jury a également écarté Pierre Adrian et son touchant Pays des étés , préférant sélectionner des titres qui fonctionnent moins bien en librairie : La Solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, JE de Lilia Hassaine, Choses que je croyais perdues de Clémentine Mélois (très bonne idée !) et La Guerre éternelle d’Olivier Rolin (dont tout le monde se moque).
Si l’on change d’échelle et que l’on passe de la maison Gallimard au groupe Madrigall, un favori émerge en la personne de Philippe Jaenada.
Et si, avec L’Inconnue du quai de Javel (Flammarion), ce champion de la digression décrochait enfin la timbale ? La bonne surprise Bergmann Pour ce qui est du reste, soyons positifs et voyons d’abord le verre à moitié plein : c’est une excellente surprise de trouver comme premier nom sur la liste Boris Bergmann et son Minotaure (Albin Michel), un récit de grande classe que nous avions placé en tête de nos coups de cœur.
Bergmann est encore un auteur relativement underground, et on lui souhaite que cette sélection lui offre la visibilité qu’il mérite.
Nos réserves, hélas, sont plus nombreuses… Pourquoi, dans le programme P.O.L, avoir retenu la très surcotée Louise Chennevière ( Faire la peau ) alors que, dans la même maison, Arthur Dreyfus publie un pavé sensationnel qui fera date dans l’histoire de l’autofiction à la française ( La Punition , dont nous reparlerons la semaine prochaine) ? Du côté des premiers romans, même constat.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.