Et si la haine des riches expliquait les mauvais résultats économiques de la France ? Par Rainer Zitelmann
Les économistes savent à quel point les facteurs psychologiques jouent un rôle important dans l’économie, mais ils n’ont guère prêté attention aux effets d’un climat social dans lequel les riches sont perçus soit comme des modèles, soit comme des boucs émissaires.
Existe-t-il un lien entre les attitudes envers les riches et la réussite économique d’un pays ? Dans le cadre de mes études internationales sur les attitudes envers les riches, j’ai chargé l’institut de sondage Ipsos Mori de mener des enquêtes représentatives dans 13 pays.
Sur la base de ces enquêtes, un "coefficient d’envie sociale" a notamment été calculé.
En termes simples, il mesure l’ampleur de l’envie sociale envers les riches dans un pays.
Une valeur de 1 signifie qu’il y a à peu près autant de personnes éprouvant une envie sociale marquée que de personnes n’en éprouvant pas.
Plus la valeur est élevée, plus l’envie sociale envers les riches est forte ; plus elle est faible, plus elle est modérée.
J’exclus les résultats concernant la Chine de la comparaison suivante.
Les sondages d’opinion y sont plus difficiles à mener en raison du contexte politique, et les résultats sont bien moins précis.
Il n’est toutefois pas invraisemblable que le ralentissement de la dynamique économique chinoise ces dernières années soit également lié à un changement d’attitude vis-à-vis de la richesse, qui est devenue moins favorable par rapport aux années 2010.
"Egocentriques", "matérialistes", "avides"...
Si on se concentre sur les douze pays restants, une tendance remarquable se dessine.
La France affiche le coefficient d’envie sociale le plus élevé parmi les pays étudiés, avec 1,26.
L’Allemagne occupe la deuxième place, avec 0,97.
Parallèlement, la France et l’Allemagne comptent parmi les pays dont l’économie a connu un dynamisme relativement faible ces dernières années.
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