Comment l’amnésie climatique qui nous fait oublier les normales de saison : « J’ai froid en plein mois d’août »
Depuis la fin de la canicule et avec la baisse des températures vous frissonnez le soir, vous avez ressorti vos plus beaux pulls et peut-être même remis votre couette : vous avez froid. Et si vous ne comprenez pas pourquoi vous ressentez cela en plein mois d’août , vous serez encore plus surpris de savoir que les températures de ce week-end sont bien dans la moyenne des normales de saison, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo ci-dessus .
Alors que nous avons entamé le troisième mois de l’été, les températures sont enfin descendues. Il fait de 20 à 30 degrés environ selon les zones de l’Hexagone ces jours-ci. Mais pour certains internautes qui se plaignent sur les réseaux sociaux, c’est trop frais.
Pourtant, l’ingénieur agronome Serge Zaka rappelle sur X que fin août, il fait bien « autour de 20 °C sur la Manche, 24 à 26 °C dans le Centre, et 30 °C près de la Méditerranée. C’est tout. Avant d’admettre : Et après cet été, ça ferait presque bizarre. »
Or si l’on a froid et que l’on a complètement oublié que ces températures étaient celles de référence, c’est à cause de ce qu’on appelle le « shifting baseline syndrome » , ou « amnésie environnementale » en français.
Il s’agit du fait d’oublier comment étaient la biodiversité et le climat avant le réchauffement climatique. On oublie qu’il y avait des papillons dans notre jardin, qu’il y avait de la neige à Noël quand nous étions enfants ou qu’il y a 15 ans, nos parents nous gardaient à la maison quand le thermomètre dépassait - exceptionnellement - les 35 °C.
Interrogée sur l’impact des vagues de chaleur sur notre santé mentale, la psychologue Hélène Jalin expliquait récemment au HuffPost que « ce qu’il se passe depuis cinq ans devient la nouvelle réalité, et on oublie ce qu’il s’est passé avant. Les canicules vont ainsi devenir notre “nouvelle normalité” » .
Et cette banalisation est aussi grave que le réchauffement climatique, d’après l’écologue Philippe Jacques Dubois. « Le vrai désastre auquel nous assistons aujourd’hui n’est pas seulement la perte de la biodiversité. C’est aussi la capacité incroyable que nous avons à ne pas nous souvenir de ce qu’elle était avant. Ce phénomène est tout aussi grave que l’érosion ou la destruction de la diversité du vivant » , déplorait-il dès 2012 dans son livre La Grande Amnésie écologique (Delachaux et Niestlé).
Si l’on veut préserver notre environnement et conserver sa biodiversité, encore faut-il se souvenir à quoi il est censé ressembler…
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