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Thélyson Orélien, un Romain Gary à l’ère de l'IA ? Comment l'affaire a mis en ébullition le milieu littéraire

L'Express ·
Thélyson Orélien, un Romain Gary à l’ère de l'IA ? Comment l'affaire a mis en ébullition le milieu littéraire

Dès le début du mois, une rumeur bruissait dans le landerneau des lettres : il se murmurait que Thélyson Orélien aurait écrit C’était ça ou mourir (Grasset) à l’aide d’une IA, usage dont il parlait lui-même sur son blog, désormais inaccessible.

Cela n’empêchait pas le roman-phénomène célébré par tout le monde (de Frédéric Beigbeder à Carla Bruni) de cartonner en librairie (35 000 exemplaires vendus à ce jour) et d’accumuler les articles élogieux ainsi que les sélections sur les listes de prix les plus chics ( dont celle du Goncourt ) pendant que son auteur passait du studio de la matinale de France Inter au plateau de La Grande Librairie .

Ce lundi 21 septembre, alors que Thélyson Orélien venait de remporter le prix du roman Fnac, la polémique a fini par éclater, émanant d’un mystérieux compte X, "Balance ton Claude".

En s’appuyant sur des analyses de Pangram (réputé comme étant le plus fiable des détecteurs d’IA), ledit compte X soutenait que C’était ça ou mourir "est rédigé presque intégralement par une intelligence artificielle".

Dès le lendemain matin, branle-bas de combat.

On s’est découvert dans notre entourage amical et professionnel des experts autoproclamés de Pangram, lesquels nous ont martelé que, oui, C’était ça ou mourir a été généré par une IA – alors que d’autres titres de la rentrée qu’ils ont "testés" sont "100% humains".

N’étant ni ingénieur ni informaticien de formation, on s’est d’abord abstenu d’adouber le diagnostic d’une machine.

On a en revanche relevé de savoureuses palinodies et autres réflexes conspirationnistes.

Des critiques littéraires chevronnés et autres lecteurs extatiques ayant porté aux nues C’était ça ou mourir trouvaient le roman tout de suite moins à leur goût.

D’autres criaient à la cabale montée par un éditeur concurrent pour "griller Orélien au Goncourt".

Ayons l’honnêteté de reconnaître qu’on a souri en découvrant une interview accordée par Thélyson Orélien au Nouvel Obs , et ainsi titrée : "Je ne tiens pas mon crayon avec ma tête, mais avec mes tripes." "Français créolisé" Dans le flot d’avis et échanges lus ici et là, certains ont retenu notre attention.

Un certain François Negroni, dit "L’IAviateur" sur X, y a publié une tribune intitulée "Contrôle au faciès littéraire".

Sa thèse ? De même que le héros de C’était ça ou mourir est un migrant à qui la police demande ses papiers, l’algorithme de Pangram nie au "suspect" Thélyson Orélien sa qualité d’écrivain car son texte est "différent" et "ne correspond pas à la norme" : "Il écrit dans un français que la critique décrit unanimement comme créolisé, métissé de créole haïtien, d’espagnol, de portugais, traversé d’oralité, d’aphorismes, de rythmes qui viennent d’ailleurs.

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