« Il est hyper bien préparé, en confiance » : pour Arthur Fils, le début d’un nouveau monde avant l’US Open
Une éternité que le tennis français attendait ça. Arthur Fils est devenu à 22 ans, dimanche 23 août à Cincinnati, le premier joueur tricolore à remporter un Masters 1000 depuis Jo-Wilfried Tsonga en 2014. Un titre qui lui permet de grimper à la 11 e place mondiale. Le meilleur classement de sa carrière, tout simplement, et l’hypothèse croissante de le voir intégrer le top 10, alors qu’il n’aura aucun point à défendre jusqu’à la fin de la saison.
L’Essonnien, 5 e à la race (classement annuel), se trouve en position favorable pour disputer les finales ATP à Turin… alors qu’il a manqué deux Grands Chelems (Open d’Australie et Roland-Garros). Prometteur, forcément, à l’approche de l’US Open (30 août - 13 septembre).
Le tennis qu’a produit Arthur Fils cette semaine a été fantastique. Il envoie un message aux meilleurs, il va falloir compter sur lui , salue le finaliste de Roland-Garros 1988, Henri Leconte. Il a su canaliser sa puissance, son jeu, son mental, accepter les différents combats et d’être aussi dominateur.
« Je l’ai trouvé bien affûté, rapide, puissant… Ça fait du bien de le voir frapper la balle comme ça, avec une bonne attitude, tenir le coup face à de bons joueurs qui mettent de l’intensité , abonde Florent Serra, ex-36 e mondial. C’est dur de jouer contre lui, c’est un petit rouleau compresseur. T’en prends plein la figure. Quand il est bien physiquement, les jambes sont bien placées et quand il envoie, il fait très mal avec ses coups gagnants.
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Problème, justement, Fils a régulièrement été gêné par des pépins physiques et des blessures, ce qui interroge sur sa capacité à enchaîner les matches, surtout en Grand Chelem. La priorité, c’est de prendre soin de son corps et de son dos. Il peut viser haut, mais il faut qu’il se sente à fond physiquement. C’est un travail qui est long, rigoureux, qu’il faut être prêt à faire sur toute sa carrière, mais qui peut lui permettre de hausser son niveau de jeu , note Serra. Le jour où il est moins bien, fatigué, il va être un peu moins précis sur le jeu de jambes. Et les frappes qui rentraient dans le terrain vont sortir de quelques centimètres. Ce qui peut ensuite engendrer de la frustration.
Le tennis d’aujourd’hui est tellement dur, physique, il y a beaucoup de blessures… Il faut vraiment protéger son corps » , complète Leconte.
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Fils va aussi tenter de confirmer son indéniable potentiel en Grand Chelem, puisqu’il n’a jamais fait mieux qu’un huitième de finale à Wimbledon jusqu’ici. C’est une autre limonade, un autre monde , poursuit Leconte. Ça n’a rien à voir avec Cincinnati ! Trois sets gagnants, sur 15 jours, l’attente des journalistes, des partenaires, de tout le monde en fait… C’est tout une autre préparation, une autre organisation. Il est hyper bien préparé, en confiance, mais c’est une autre vie qui commence.
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