Les lieux de pouvoir: au Brésil, les prisons, un État dans l'État et deux organisations rivales [10/10]
La fabrique du monde Les lieux de pouvoir: au Brésil, les prisons, un État dans l'État et deux organisations rivales [10/10] Publié le : 28/08/2026 - 08:40
Écouter - 03:22 Dernier épisode de notre série d’été sur les lieux de pouvoir. Direction le Brésil avec des lieux très particuliers de pouvoir : les prisons, berceau et, en partie, quartier général de deux factions criminelles dont l’influence ne cesse de grandir.
Les prisons sont censées être des lieux de punition. Mais au Brésil, elles sont devenues un véritable État parallèle. Tout commence dans les années 1970 avec le Comando Vermelho, le « Commando rouge », une faction criminelle née dans un centre pénitentiaire de Rio de Janeiro. Vingt ans plus tard, c’est dans une prison de São Paulo que quelques détenus fondent un groupe aujourd’hui considéré comme l’une des organisations criminelles les plus puissantes au monde : le PCC, le Premier Commando de la Capitale.
Au départ, ces groupes apparaissent comme des organisations de protection. Dans des établissements surpeuplés, violents et abandonnés par les autorités publiques, ils garantissent la sécurité des détenus, organisent la solidarité avec les familles et imposent des règles de coexistence. Pour beaucoup de prisonniers, adhérer à une faction est moins une question d’idéologie qu’une question de survie.
Le Brésil possède la troisième plus importante population carcérale au monde, avec plus de 600 000 personnes derrière les barreaux. Face à des prisons de plus en plus surpeuplées, l’État a progressivement perdu la main. La plupart des centres pénitentiaires sont aujourd’hui contrôlés par des factions, avec la complicité de l'État. Les cellules se sont transformées en quartiers généraux depuis lesquels les organisations dirigent leurs activités criminelles.
Les autorités ont longtemps cru qu’en dispersant les chefs du PCC dans différentes prisons, elles affaibliraient l’organisation. Mais, c’est l’inverse qui s’est produit. Chaque transfert a contribué à étendre l’influence du PCC. Et chaque nouveau détenu représente un membre potentiel pour l’organisation.
Aujourd’hui, le Comando Vermelho compterait environ 40 000 membres. Son rival, le PCC, près de 100 000. Cette dernière organisation est devenue une véritable multinationale du crime. Non seulement elle contrôle une partie des routes de la cocaïne vers l’Europe et l’Afrique, mais elle dispose aussi de relais dans une quinzaine de pays. Dans l’État de São Paulo, le PCC a, selon les autorités, déjà infiltré treize municipalités.
L’organisation criminelle investit massivement dans l’économie légale. Présente aujourd’hui dans les prisons de presque tous les États brésiliens, elle a tissé sa toile sur l’ensemble du territoire national.
Une influence qui ne cesse de croître.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.rfi.fr — le contenu appartient à RFI.