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"On se laisse aller budgétairement car on ne sait pas où on va politiquement" : le constat alarmant d’Antoine Foucher

L'Express ·
"On se laisse aller budgétairement car on ne sait pas où on va politiquement" : le constat alarmant d’Antoine Foucher

Son plaidoyer pour Sortir du travail qui ne paie plus , paru il y a deux ans (éditions de L’Aube), avait marqué les esprits.

Antoine Foucher , ancien directeur de cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud (2017-2020), y appelait à un véritable "big bang" fiscal dans le but de revaloriser le travail au détriment de la rente .

Ses réflexions, qui portaient notamment sur la nécessité de réduire l’écart entre les rémunérations brute et nette, ont infusé dans le débat public.

En cette rentrée, le président du cabinet Quintet publie un nouvel essai, chez le même éditeur, en forme de projet de société : Pour que nos enfants vivent mieux que nous .

Retraites, héritage, TVA… Il décrit pour L’Express les conditions du nouvel ordre économique et fiscal qu’il défend dans cet ouvrage .

L'Express : Comme l’an dernier, les débats autour du projet de loi de finances sont rythmés par les incantations des uns et des autres pour réduire la dette publique.

A ceci près que nous sommes à huit mois de l'élection présidentielle...

Dans ces conditions, que peut-il ressortir de cette séquence budgétaire ? Antoine Foucher : Il y a tellement d'inconnues que presque toutes les combinaisons sont possibles.

Tout le monde est obsédé par l'échéance de 2027.

Le seul point commun entre tous les candidats, c'est que chacun a intérêt à hériter d'une situation budgétaire la moins dégradée possible.

Pour autant, cela ne suffit pas à faire endosser des mesures difficiles, qui peuvent se payer électoralement dans quelques mois.

Mon sentiment, c'est que le sujet est perçu comme secondaire par les responsables politiques, comme par l'opinion : on entre dans la campagne, et ce qui compte, ce sont les cinq années qui viennent, pas les six prochains mois.

N’assiste-t-on pas, a minima, à une prise de conscience du diagnostic – l'insoutenabilité de la trajectoire - et de la nécessité de trouver des solutions ? Je n'en suis pas sûr.

Le poids de la dette vient compliquer le problème général, mais il ne s'y substitue pas.

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