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Supprimer Parcoursup ? Pourquoi cela relève de la démagogie, par Franck Ramus

L'Express ·
Supprimer Parcoursup ? Pourquoi cela relève de la démagogie, par Franck Ramus

Chaque année, à l’approche des dates limites de soumission des vœux, Parcoursup est l’objet de nombreuses récriminations.

Cette année, à l’occasion des protestations lycéennes , la suppression de Parcoursup est devenue une revendication politique.

Curieusement, je n’ai entendu de la part de ses détracteurs aucune proposition alternative.

Comme si cette plateforme n’avait aucune fonction et que l’on pouvait simplement s’en passer.

Mais à quoi donc sert Parcoursup ? Il y a en première année dans l’enseignement supérieur français plus d’un million de places dans 25 000 formations , et environ un million de candidats qui y postulent (650 000 nouveaux bacheliers plus des étudiants en réorientation).

L’enjeu est donc de faire se rencontrer l’offre et la demande, en satisfaisant le mieux possible les vœux des candidats et les conditions d’accès à chaque formation.

C’est un problème d’une complexité inouïe ! Toute personne qui réclame la suppression de Parcoursup devrait avoir la responsabilité de dire par quel système alternatif elle propose de résoudre ce problème, et de justifier pourquoi elle pense que son système produirait de meilleurs résultats.

Lorsque j’étais élève en terminale en 1989, il y avait certes moins de bacheliers et de formations, mais il y en avait déjà beaucoup.

La principale différence est que l’on n’avait pas la moindre idée de la diversité des formations auxquelles on pourrait postuler : on connaissait plus ou moins les universités locales, les formations proposées par les lycées avoisinants (classes préparatoires et BTS), et on envoyait un dossier papier à une, deux ou parfois trois de ces formations.

Si l’on voulait envisager autre chose, il fallait aller chercher de l’information dans un centre d’orientation.

Et bien sûr, les critères de sélection de chaque formation étaient totalement inconnus.

Sauf pour les universités, où les places étaient attribuées dans l’ordre d’arrivée au bureau d’inscription, ce qui occasionnait d’interminables queues jour et nuit.

On mesure le chemin parcouru depuis ! Problème de riche L’informatisation et Internet permettent aujourd’hui de découvrir et de s’informer sur toutes les formations sur un site unique, et de postuler à n’importe laquelle d’entre elles sur un guichet unique.

Cela n’avait jamais été possible avant Parcoursup et son ancêtre APB.

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