Sud-Liban : au moins onze morts dans des frappes israéliennes, le Hezbollah menace d'une "riposte"
L'armée israélienne a frappé à plusieurs reprises le sud du Liban, samedi matin, tuant sept personnes, dont des femmes et des enfants, dans le village d'Ansar et quatre autres à Deir Zahrani. Le Hezbollah a menacé d'une "riposte appropriée" alors qu'Israël dit avoir tué un des commandants du mouvement chiite pro-iranien.
Par : FRANCE 24 C'est le bilan le plus meurtrier depuis les accords conclus en juin avec Beyrouth. Des frappes israéliennes ont fait onze morts, dont des femmes et des enfants, samedi 15 août dans le sud du Liban .
En réaction, le Hezbollah a menacé Israël d'une "riposte appropriée" et exhorté le gouvernement libanais à mettre fin aux négociations "humiliantes" avec Israël.
L'armée israélienne a d'abord affirmé avoir ciblé une infrastructure du Hezbollah en réponse à une "attaque" contre ses soldats au Liban, puis indiqué avoir visé et tué un commandant du mouvement dans un "quartier général" du village d'Ansar, situé à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël.
Le ministère libanais de la Santé a recensé sept morts dans cette frappe, "dont trois enfants et deux femmes". L'armée israélienne a confirmé une "allégation" selon laquelle "la famille de Hassan se trouvait avec lui", précisant qu'elle "n'était pas la cible de la frappe". Quatre personnes ont aussi été tuées et 17 blessées, "dont un enfant et 11 femmes", à Deir Zahrani, a indiqué le ministère, revoyant à la hausse un précédent bilan.
Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé la mort d'une "famille entière", y voyant un "message clair" pour l'avenir des négociations que le Liban mène avec Israël depuis avril, et dont un huitième cycle est prévu début septembre à Rome.
Les frappes israéliennes "devraient relancer les négociations et les rendre beaucoup plus sérieuses, et non produire l'effet inverse", a commenté auprès de l'AFP le porte-parole du Premier ministre israélien, Doron Spielman.
Le bureau de Benjamin Netanyahu a ensuite accusé le Hezbollah d'utiliser des civils comme "boucliers humains".
À Ansar, où des secouristes extrayaient des corps des décombres, un journaliste de l'AFP a vu un bâtiment détruit ainsi qu'une piscine et des voitures endommagées. Abbas Khalil, un habitant, dit à l'AFP avoir entendu une frappe "vers 4 h 30 du matin". "On est en état de choc (...) rien ne justifie cela".
À Deir Zahrani, le journaliste a constaté d'importants dégâts. Des images de l'AFP ont montré des files de voitures venues du sud, certaines chargées d'effets personnels, à Saïda, plus au nord.
L'Agence nationale d'information (Ani) a fait état d'une autre frappe près de Ansar, "la première à une telle profondeur dans le territoire" depuis deux mois.
L'agence libanaise a aussi rapporté des bombardements et des tirs d'artillerie autour de la crête d'Ali al-Taher, surplombant la région méridionale de Nabatiyé.
L'armée israélienne avait d'abord dit avoir "ciblé des infrastructures" du Hezbollah "dans les régions de Nabatiyé et d'Ansar", en riposte à une attaque du groupe dans le secteur de la crête.
Elle a dénoncé "une violation dangereuse de l'accord" par le Hezbollah, qui "a attaqué nos forces à l'intérieur de la zone de sécurité convenue".
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