"C’est libérateur" : ce que le succès de Blanc-Manger Coco dit de la France de 2026
Alors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque.
Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro.
Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
EPISODE 1 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G EPISODE 2 - L'ascension de Donald Trump expliquée par le Monopoly EPISODE 3 - Risk : le jeu de conquête territoriale qui ferait fulminer Vladimir Poutine EPISODE 4 - "Richesses du monde" : ce jeu qui contredit Thomas Piketty (et dit tout du déclin de l’Europe) Pour lui, Blanc-Manger Coco fait désormais partie du rituel des soirées d'été.
Lorsqu'il n'est pas occupé à surveiller le barbecue ou à entretenir la piscine, Clément, 40 ans, aime ressortir la boîte de ce célèbre jeu d'apéro pour "s’autoriser à dire des grossièretés totalement décalées avec ce qu’on s’autorise aujourd’hui à dire au quotidien".
Comment un jeu aussi irrévérencieux – ses détracteurs diront "beauf" ou "vulgaire" – peut-il encore trouver sa place dans une époque où les sensibilités de chacun occupent une place grandissante ? "C’est libérateur, on peut être choquant sans en porter la pleine responsabilité puisque ce sont les cartes qui le disent", confie ce directeur financier, davantage habitué le reste de l'année aux réunions PowerPoint millimétrées.
Le principe ? Compléter des textes à trous avec des cartes sans rapport entre elles, souvent en dessous de la ceinture et jouant volontairement avec les stéréotypes sexistes, graveleux et, pour la plupart, surannés.
"Blanc-Manger Coco fonctionne parce qu’il s’appuie sur la culture populaire : télé, politique, célébrités", analyse Amanda, photographe trentenaire et grande fan du jeu, ajoutant que "le plaisir vient autant de la référence que de la façon dont on la détourne." Une main "chanceuse" pourra ainsi contenir "Jeu de la biscotte", "une tape amicale sur les fesses" ou encore "le compte Airbnb de Jawad".
L'esprit "Grosses Têtes" Fortement inspiré de Cards Against Humanity ("Des cartes contre l'humanité"), un jeu américain créé trois ans plus tôt, Blanc-Manger Coco convoque lui aussi son lot de personnalités : des vestiges de la gauche plurielle – "Marie-George Buffet", "DSK en peignoir"– mais aussi des figures populaires comme Cyril Hanouna, le violoniste André Rieu ou l'acteur Chuck Norris.
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