Présidentielle 2027 : François Hollande à la recherche de son improbable « trou de souris »
François Hollande ne cache plus vraiment ses ambitions pour 2027. Fort de sa popularité retrouvée, l’ancien président guette le « trou de souris » qui pourrait le ramener à l’Élysée. Mais l’histoire joue contre lui.
« François Hollande n’est pas là et pourtant, il pleut… » Lors du débat des présidentiables organisé par le MEDEF à Roland-Garros , Edouard Philippe en personne releva cette donnée de météo politique… essentielle ! Au même moment l’hebdomadaire Le Point hissait l’ancien président en une sous un titre chasseur, « l’Embusqué », en précisant que l’interview se déroulait dans un TGV « alors qu’un crachin breton dégoulinait sur les vitres » . Ce qui faisait dire à l’ex-chef de l’État si désireux de le redevenir : « je pèse sur la situation » . Il souriait.
Il sourit beaucoup le candidat non déclaré, et de manière contagieuse. C’est un de ses arguments de vente que les réseaux sociaux répercutent avec Julie Gayet, son épouse, elle-même rayonnante. Ils battent la campagne en propageant l’optimisme, ce qui lui assure une sympathie prometteuse. Pourtant, le retour gagnant est loin d’être assuré . Il s’en faut…
Mais un homme, qui fait à la fois pleuvoir et sourire, force l’intérêt en ces périodes de sécheresses caniculaires. On sait que l’élection à la fonction suprême comprend une part d’irrationnel : le roi était censé guérir les écrouelles… L’ancien chef de l’État, lui, fait tomber la pluie et une joie mutine sur la France aride.
Le « sorcier » Hollande imagine donc pour lui à l’hiver une éclaircie, autrement baptisée « trou de souris » ou encore « trou de sourire » ! Ce qui ne garantit pas le succès de son entreprise réputée impossible : les Français, monarchistes régicides, ne renvoient pas sur le trône les monarques républicains décapités.
Valéry Giscard d’Estaing échoua à revenir, de même que Nicolas Sarkozy , humilié en primaire par son ancien Premier ministre, François Fillon. Alors, pourquoi François Hollande réussirait-il ? Sa première réponse ? Il n’a pas été défait dans les urnes… Il a abdiqué… D’ailleurs il reconnaît regretter son absence au combat en 2017. D’où son alacrité. Hollande jubile. Les bains de foule, il les prend chauds, souriant matin, midi et soir sans provoquer de rejet, sinon à la gauche de la gauche. Mais ce n’est pas elle dont il vise la conquête.
François Hollande veut rassembler les électeurs au-delà de LFI, et du PS. D’où son refus de passer par « la casse primaire ». Une machine à perdre, à démantibuler, même s’il en sortit vainqueur en 2011. Raphaël Glucksmann lui pourrait sortir « déchiqueté » de cette mare aux crocodiles . Tous, et Olivier Faure en premier, contre le leader de Place publique. François Hollande doute que celui-là ait l’expérience politique nécessaire pour résister à l’épreuve. Le pari est là, aléatoire. Car un jour, le conquérant politique finira peut-être par percer sous l’intellectuel décalé. Un jour…
Hollande, rieur mais affûté, se pense porteur d’un projet social-démocrate costaud à l’heure même où la social-démocratie s’essouffle un peu partout en Europe.
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