Le Berm, ce mur marocain qui continue de façonner le conflit au Sahara occidental
Le Sahara occidental est divisé en deux depuis les années 1980 par un mur que le Maroc a construit pour conserver le territoire qu'il occupe depuis 1975 .
Plus de cinquante ans plus tard, le conflit n’est toujours pas résolu et le mur — connu sous le nom de « Berm » — reste l’une des frontières les plus militarisées au monde.
La région fait l’objet d’un projet mené à l’université de Porto, qui explore les perspectives de restauration de la biodiversité.
Joana Castro Pereira , professeure de sciences politiques et de relations internationales, et Simón Pardo de Donlebún Versaci , doctorant, expliquent l’histoire du mur et ses risques politiques et écologiques.
Quelle est l’histoire du Berm ? Construit entre 1980 et 1987 , le Berm sépare la partie du Sahara occidental contrôlée par le Maroc de la bande de territoire détenue par le Front Polisario .
Le Front Polisario est un mouvement soutenu par l’Algérie qui représente une partie du peuple sahraoui et lutte pour l’indépendance du Sahara occidental depuis le début des années 1970.
Il contrôle actuellement environ 20 % du territoire.
Le conflit au Sahara occidental Le Berm s'étend sur environ 2 700 kilomètres .
Il s'agit de la plus longue barrière continue après la Grande Muraille de Chine .
Parallèlement à celle-ci s'étend une ceinture de mines terrestres — plus de 10 millions — souvent qualifiée de l'un des plus long champs de mines connu au monde.
Le mur a été construit par étapes, s’étendant vers le sud à mesure que le Maroc luttait contre le Front Polisario pour le contrôle du Sahara occidental.
Ce territoire contesté est une ancienne colonie espagnole que Madrid a cédée dans les années 1970 sans jamais organiser le référendum d’autodétermination exigé par le droit international.
La construction du mur a permis au Maroc de réaliser ce que les victoires sur le champ de bataille n’avaient pas réussi à faire : conserver les parties les plus précieuses du territoire – le littoral, les mines de phosphate et les villes – tout en repoussant les combattants du Polisario et des centaines de milliers de civils sahraouis vers des camps de réfugiés en Algérie.
L’ONU qualifie cette situation de deuxième crise de réfugiés la plus longue au monde.
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