Infrastructures sportives au Sénégal : quel modèle de financement après les Jeux olympiques de la jeunesse ?
Le Sénégal a consacré d’importants investissements à la construction, la réhabilitation et la modernisation de ses infrastructures sportives pour accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026.
Des infrastructures ont été construites ou réhabilitées à Dakar, Diamniadio et Saly, les trois localités qui vont accueillir les compétitions.
Ces équipements soulèvent une question qui dépasse la seule organisation des Jeux.
Comment l'État doit-il les financer, les gérer et les entretenir durablement après la compétition ? Pour les chercheurs Djibril Diouf, spécialiste des partenariats public-privé , et Amadou Moctar Ndiouck, spécialiste du droit et du management des infrastructures sportives , les JOJ pourraient contribuer à faire évoluer le modèle sénégalais.
Dans cet entretien, ils analysent la place respective de l’État, des collectivités et du secteur privé dans le financement des équipements sportifs et les conditions nécessaires pour assurer leur utilisation, leur entretien et leur rentabilité sociale après les Jeux .
Les investissements consentis pour les Jeux olympiques de la jeunesse peuvent-ils changer durablement le modèle de financement des infrastructures sportives au Sénégal ? Dans le contexte des Jeux olympiques de la jeunesse, l’État a privilégié le modèle de financement massif direct avec l’appui de partenaires : l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) , l’Agence française de développement (AFD) , etc.
Évidemment, l’appui conséquent des partenaires influe sur le modèle de financement par l’importance des fonds mobilisés à l’occasion des JOJ.
Cependant, si le modèle de financement s’adosse toujours à des financements publics ou des financements issus de partenariats public-privé, il inclut la gestion durable des infrastructures sportives.
A ce titre, dans le cadre de leur héritage, il peut introduire l’avènement des acteurs privés.
Quelle place l’État devrait-il accorder au secteur privé dans le financement et la gestion des infrastructures sportives après les JOJ ? De la charte du sport de 1984 aux articles 36 à 51 du nouveau code du sport , adopté le 11 mai 2026 par l'Assemblée nationale du Sénégal, le rôle de l’État et des collectivités locales dans la réalisation des infrastructures sportives est mis en exergue.
L’État et les collectivités locales ont l'obligation de construire des installations sportives au profit des acteurs du sport.
Mais, en pratique et en l'absence de politiques publiques volontaristes en matière de construction d'infrastructures, excepté à l’occasion d’événements sportifs, le recours au secteur privé reste nécessaire.
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