David Baverez : "Face à la Chine et aux Etats-Unis, la liberté est notre dernier avantage compétitif"
Après le succès de Bienvenue en économie de guerre (Novice, 2024), David Baverez pensait se donner au moins quatre ou cinq ans avant de publier un nouvel ouvrage.
Puis 2025 est arrivée avec le Liberation Day de Trump : "le déclenchement de la guerre monétaire, dit-il, l’équivalent, en économie, du nucléaire militaire." Dans Après le chaos (à paraître le 1er octobre chez Novice), l'essayiste et investisseur propose sa propre grille de lecture - parfois urticante, toujours stimulante - des événements de ces derniers mois, du "second choc chinois" aux interventions militaires des Etats-Unis au Venezuela et en Iran.
"Notre avenir ne peut être qu’européen", écrit-il aux Français.
Il ne se fait guère d'illusions à propos de la prochaine présidentielle.
D'ailleurs, selon lui, Emmanuel Macron devrait "reconnaître qu’il n’est plus en état de gouverner, étant sous la contrainte d’intérêts étrangers".
David Baverez propose de transférer provisoirement le pouvoir à un "clan des sept" constitué de "personnalités 'senior' reconnues pour leur compétence par deux Français sur trois"...
Pas certain qu'il soit suivi, sur ce point-là, par les candidats.
L'Express : Donald Trump reçoit Xi Jinping ce jeudi 24 septembre à la Maison-Blanche .
Que peut-on attendre de cette rencontre ? David Baverez : Il faut distinguer la tactique du stratégique : sur le plan tactique, les deux économies sont menacées d’un fort ralentissement, dans un cas réel, dans l’autre, potentiel, il pourrait donc y avoir des signes encourageants de réchauffement.
En revanche, sur le plan stratégique, la Chine devrait continuer à promouvoir son concept de "sécurité stratégique constructive", par opposition à l’"insécurité tactique et destructive" américaine — un discours qui séduit de plus en plus le Sud Global .
Selon une enquête du Pew Research Center publiée cet été, Pékin est désormais perçue plus favorablement que Washington dans de nombreux pays, y compris chez certains alliés historiques des Américains.
Comment l’expliquez-vous ? Faut-il être chinois ? Non.
Il ne faut absolument pas devenir chinois.
Il faut importer le meilleur de l’Asie.
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